Le 12e Sommet de la Francophonie a donné son appui à la tenue d'un autre forum international plus élargi sur la question de la crise financière, tel que prôné par le président français, Nicolas Sarkozy. Ce dernier plaide en faveur d'une révision en profondeur de l'application du système capitalisme dans le monde.
«En tant qu'économiste, je crois que les gouvernements des plus grandes économies ont deux choses à faire, a commenté le premier ministre du Canada, Stephen Harper. Ils doivent agir collectivement pour stabiliser le marché des Bourses et assurer la disponibilité du crédit pour les banques. Nous devons aussi réformer les institutions responsables de cette crise et ajuster la réglementation pour éviter qu'elle ne se reproduise.»
M. Harper, qui n'a pas encore de «plan détaillé», s'est inscrit contre un repli protectionniste pour faire face aux soubresauts. Il s'est prononcé en faveur d'une approche prudente qui ne provoquerait pas de dommages permanents à l'économie mondiale.
Le premier ministre français, François Fillon, a précisé qu'il ne s'agit pas «d'éliminer le système, mais de mieux le réglementer».
Il a notamment montré du doigt les paradis fiscaux, les fonds spéculatifs et certaines institutions bancaires qui échappent aux réglementations nationales.
Et la crise alimentaire?
À un journaliste étranger qui notait une certaine maigreur des résultats concernant la crise alimentaire et l'attention portée aux pays du Sud, Abdou Diouf, secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), a assuré qu'«aucun problème n'a été occulté».
«Bien sûr, à l'heure actuelle, la crise financière est devant nous, elle tourmente les esprits et occupe les médias, a dit M. Diouf. Mais tout a été examiné au cours de ce sommet.»
En matière de crise alimentaire, l'OIF s'engage dans la Déclaration de Québec à contribuer à travers «des enceintes internationales compétentes» et à encourager une augmentation du soutien aux pays en développement.
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, s'est dit ravi que l'enjeu de la langue française ait spécifiquement été abordé pour la première fois depuis l'existence des sommets.
Avant la réunion, Abdou Diouf indiquait au Soleil qu'il ambitionnait de passer un «pacte linguistique» avec certains pays de l'Organisation qui ne font pas tous les efforts pour pratiquer le français, malgré leur engagement en ce sens. «Vous avez des progrès à faire, les prévenait-il. La langue française est le lien qui nous unit. Si ce lien s'affaiblit, c'est notre mouvement qui s'affaiblit.»
Le secrétaire général doit se contenter d'une résolution prônant un pacte «avec les États ou les gouvernements qui le souhaitent».










