Le boycott du cours d'éthique et culture religieuse demeure marginal

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Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Quelques semaines après la rentrée, le boycottage des cours d'éthique et culture religieuse n'a pas pris l'ampleur annoncée. Même si les opposants se sont fait entendre haut et fort, seulement 72 élèves ont été retirés du cours dans l'ensemble de la province, selon le
ministère.

En août, des parents membres de la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) ? qui s'oppose au nouveau programme d'éthique et culture religieuse ? se sont réunis pour organiser le boycottage du cours, obligatoire pour tous. Dans la région de l'Estrie, où la colère était vive, les opposants laissaient entendre que les classes pourraient se vider en septembre.

Or six semaines après le début des cours, le mouvement reste très marginal. Selon les chiffres compilés par le ministère de l'Éducation, les parents de 48 élèves au primaire et 24 au secondaire ont retiré leur enfant du cours, pour tout le Québec.

En Estrie

Le boycottage serait surtout concentré à Valcourt, en Estrie, et dans la région de Drummondville. On y retrouve une vingtaine de cas dans chaque commission scolaire. «Ce sont les parents qui sont responsables de venir chercher les enfants pendant les cours. Ça va bien, on travaille au cas par cas», affirme Julie Verreault, porte-parole de la commission scolaire des Sommets.

Sylvain Lamontagne, père de deux enfants et porte-parole de la CLÉ en Estrie, n'est pas de cet avis. «Si la commission scolaire ne nous avait pas fait du chantage et des menaces, il y aurait pas mal plus de parents qui auraient retiré leurs enfants du cours», affirme-t-il. Ses enfants, qui n'assistent pas au cours, ont été menacés d'expulsion, précise-t-il, tout en affirmant que les chiffres du ministère sont bien en dessous de la réalité.

À Québec

Dans la région de Québec, les cas de boycottage se comptent sur les doigts d'une seule main, d'après les informations recueillies auprès des quatre commissions scolaires. «Il s'agit vraiment d'exceptions», indique Érick Parent, secrétaire général de la commission scolaire de la Capitale.

Les demandes d'exemption ? qui ont toutes été refusées par les commissions scolaires ? sont toutefois plus nombreuses. On en retrouve une centaine dans la région et près de 1200 pour l'ensemble de la province, toujours selon les données du ministère. Un chiffre qui reste tout de même marginal, puisque les écoles québécoises accueillent environ un million d'élèves chaque année.

Les opposants au nouveau programme n'ont toutefois pas l'intention de lâcher prise. Une requête a récemment été déposée en Cour supérieure par des parents qui veulent exiger que leurs enfants soient exemptés du cours. Une manifestation est prévue dans les rues de Montréal, demain.

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