Les vives résistances du milieu universitaire n'ont pas fait plier la ministre, décidée une fois pour toutes à améliorer la gestion, la responsabilité et la transparence des institutions. Rappelons que l'UQAM a récemment englouti plus de 300 millions $ dans le dérapage immobilier de l'îlot des Voyageurs.
Le projet de loi 107 déposé hier prévoit que les conseils d'administration seront composés au moins aux deux tiers de membres externes, un principe de gouvernance défendu à maintes reprises par Mme Courchesne. Au moins le quart des membres devront être issus de la communauté universitaire.
Le texte prévoit par ailleurs la création, par le conseil d'administration, d'un comité de gouvernance et d'éthique, d'un comité de vérification et d'un comité des ressources humaines. Les règles concernant la reddition de comptes seront par ailleurs renforcées.
La Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) n'a pas commenté hier le contenu du projet de loi, préférant prendre le temps de consulter ses membres avant de réagir. Au début octobre, dans le quotidien Le Devoir, la CREPUQ avait toutefois indiqué qu'elle ne voulait pas d'une loi imposant un modèle unique. Les recteurs auraient préféré conclure des ententes particulières leur permettant notamment de définir la composition de leur conseil d'administration.
Le recteur de l'Université Laval, Denis Brière, a refusé de commenter le projet de loi hier, tout comme le président de l'Université du Québec, Pierre Moreau.
La participation accrue des membres externes au C. A. soulève aussi de vives inquiétudes dans les rangs des professeurs. «On y voit l'imposition de manières de penser qui appartiennent au privé et qui sont incompatibles avec la mission des universités», affirme Cécile Sabourin, présidente de la Fédération des professeurs d'université du Québec.
Un peu plus tôt cette semaine, la Table des partenaires universitaires (regroupant professeurs, professionnels et étudiants) a fait paraître une pleine page de publicité dans les journaux pour rejeter «toute centralisation du pouvoir entre les mains d'une nouvelle élite gestionnaire, branchée prioritairement sur le monde des affaires».
Cégeps
La ministre a aussi déposé hier le projet de loi 110 sur la gouvernance des cégeps, qui comprend grosso modo les mêmes mesures que celles imposées au réseau universitaire. Dans le cas des collèges, la réaction est toutefois beaucoup plus positive, du moins du côté de la Fédération des cégeps.
«Ça fait plusieurs années qu'on réfléchit aux façons d'améliorer notre gouvernance. On est favorable au projet de loi», a affirmé hier son président, Gaëtan Boucher.
Les craintes sont toutefois plus vives dans le milieu syndical, les professeurs ayant déjà exprimé leurs réticences devant une plus grande participation des membres externes au conseil d'administration des cégeps.











