Cours d'éthique et culture religieuse: une mise en oeuvre à géométrie variable

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Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Les écoles et commissions scolaires n'accordent pas toutes la même importance au nouveau cours d'éthique et culture religieuse. Dans certaines écoles, les enseignants se sentent appuyés et le cours est enseigné par des spécialistes. Ailleurs, le cours est relayé au bas de la grille-matière et les profs se sentent laissés à eux-mêmes.

C'est le constat qu'on fait plus d'une soixantaine d'enseignants réunis jeudi dans le cadre du premier congrès de l'Association québécoise en éthique et culture religieuse, qui se termine aujourd'hui à Lévis. Lors d'une table ronde, ils étaient invités à faire le point sur la mise en oeuvre du programme, deux mois après le début de l'année scolaire. Le nouveau cours d'éthique et culture religieuse - qui a fait couler beaucoup d'encre - est enseigné dans toutes les écoles du Québec depuis septembre.Dans certaines régions, tout est au beau fixe. À la commission scolaire les Samares, dans le coin de Joliette, les enseignants sont en formation depuis deux ans et une conseillère pédagogique a développé du matériel et des exercices à faire en classe. «Ça nous aide beaucoup», lance l'enseignant Robert Clusiau.

Mais dans d'autres commissions scolaires, c'est plutôt le néant. Suzanne Bérubé, qui enseigne à la polyvalente des Baies à Baie-Comeau, n'a eu que quatre petites heures de formation et doit préparer tout elle-même. «Il faut tout faire par nous-mêmes. Le découpage de la matière, le matériel, concevoir les activités, l'évaluation... C'est très demandant», dit-elle.

À Québec

Dans la région de Québec, c'est à la commission scolaire des Découvreurs que les critiques sont les plus vives. Certaines écoles, comme le pavillon Laure-Gaudreault de l'École des Pionniers à Saint-Augustin, ne donnent qu'une période par cycle en première et deuxième secondaire, alors que le ministère recommande plutôt deux périodes.

Certaines directions d'école choisissent aussi d'offrir le cours à des enseignants de maths, de français ou d'histoire pour compléter leur tâche plutôt que d'embaucher des spécialistes, ce que déplorent plusieurs enseignants. Résultat : de jeunes profs nouvellement formés pour enseigner cette matière se retrouvent, paradoxalement, sans boulot.

Beaucoup se sont dis déçus que le cours ne soit pas pris au sérieux et souvent relégué au dernier plan, comme c'était le cas pour les cours de religion catholique ou de morale. «C'est vu comme du remplissage de grille-matière, comme un cours qui va finir par disparaître de toute façon, déplore Richard Martineau, enseignant à l'École secondaire de Rochebelle. Il reste encore beaucoup de travail à faire pour faire comprendre l'importance de ce cours. C'est une matière importante pour vivre en société.»

 

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