Les étudiants à la tête grisonnante sont de plus en plus nombreux à se joindre à l'Université du troisième âge à Québec (UTAQ), un secteur de la formation continue à l'Université Laval. Depuis 1999, le nombre d'inscriptions a augmenté de 38 %, atteignant 7328 l'an dernier.
Certains sont de fidèles étudiants. Luc Malo, un ancien sous-ministre à la retraite, fréquente l'UTAQ depuis que la maladie l'a forcé à prendre sa retraite, il y a 10 ans. «Pendant les premières années de ma retraite, ça m'a aidé à passer au travers, raconte-t-il. C'est un plaisir d'apprendre! Et au-delà du contenu, c'est aussi devenu un lieu de rencontre.»
Cours d'histoire, de philosophie, d'anthropologie... tout y est passé, ou presque. Jusqu'à ce que M. Malo se découvre une passion pour la prose. Depuis, il se réinscrit chaque session à l'atelier de poésie.
Les cours de l'UTAQ sont offerts uniquement aux personnes de 50 ans et plus. Sans évaluation ni préalable requis, ils offrent une formule souple qui convient aux retraités, affirme M. Malo. «Après une carrière stressante, je n'avais pas envie de me casser la tête avec des examens», lance-t-il en riant.
La liste de cours et d'activités offerts passe de l'aquarelle à l'espagnol, en passant par la littérature, les rudiments du PowerPoint ou de l'astronomie. L'histoire, la philosophie et la théologie restent les cours les plus populaires, affirme Jacques Desautels, président du conseil de l'UTAQ.
C'est d'ailleurs un plaisir d'enseigner aux aînés, affirme M. Desautels, qui a aussi dirigé quelques cours. «Les étudiants sont comme des oiseaux le bec ouvert. Ils sont motivés et intéressés», lance-t-il. Les professeurs de l'UTAQ sont souvent des retraités de l'Université Laval qui veulent garder un contact avec l'enseignement.
Sur la Rive-Sud
Les cours, ateliers et conférences sont offerts sur le campus de l'Université Laval, bien sûr, mais aussi à Charlesbourg, à Lévis et à Montmagny. Les tarifs, moins chers que les cours réguliers de l'Université Laval, varient de 100 $ à 120 $ par cours pour une session de 10 semaines.
Dans les rangs des étudiants, on trouve aussi plusieurs aînés qui n'avaient jamais mis les pieds à l'université. C'est le cas de Gertrude Bouchard, 73 ans, qui fréquente l'UTAQ depuis le tout début de sa retraite, en 1994. «J'ai fait mon cours d'enseignante à l'école des soeurs et je travaillais en région, alors je n'ai pas pu aller à l'université. Mais je m'étais toujours dit qu'un jour, j'allais y aller», raconte-t-elle. C'est finalement à 59 ans qu'elle y a fait son entrée.











