«Où est le problème?» répondent les étudiants, bien contents de conjuguer études et boulot, quitte à rester plus longtemps sur les bancs d'école. La possibilité d'étaler des études supérieures sur plusieurs années permet à un plus grand nombre d'étudiants de décrocher un diplôme, malgré un horaire de travail chargé ou un enfant à élever.
«Ce n'est pas une mauvaise chose, plusieurs étudiants y trouvent leur compte», rappelle Jérôme Lankoandé, président de l'Association des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AELIES).
Mais ces étudiants coûtent cher à l'Université, déplore l'administration.
Selon les règles de financement du ministère de l'Éducation, les universités sont financées annuellement selon le nombre d'étudiants inscrits. Plus il y a d'étudiants, plus la subvention est généreuse. Mais le ministère ne finance pas éternellement les étudiants aux cycles supérieurs. Pour un étudiant à la maîtrise, le gouvernement coupe les vivres après quatre sessions. Au doctorat, les subventions s'arrêtent après huit sessions.
Résultat : si un étudiant termine son doctorat en six ans, l'Université aura assumé pendant deux ans les frais encourus par sa formation. «C'est plate à dire, mais après un certain temps, la formation est à nos frais. Les professeurs, les locaux... On est contents pour les étudiants mais le ministère ne nous paie pas pour ça. C'est préoccupant, d'un point de vue financier», affirme Bernard Garnier, vice-recteur aux études à l'Université Laval.
Avant de mettre en place différentes mesures, l'Université Laval veut d'abord recenser le nombre d'étudiants à la maîtrise et au doctorat qui ne sont plus financés par le ministère. «Il faut faire prendre conscience aux gens de l'ampleur de la problématique», affirme M. Garnier. Pour y arriver, la commission des études, la commission des affaires étudiantes et la faculté des études supérieures mettront la main à la pâte.
En moyenne, les étudiants de l'Université Laval obtiennent leur maîtrise en un peu plus de deux ans et leur doctorat, en près de cinq ans. Mais ces chiffres varient selon les secteurs. En sciences de l'éducation par exemple, les étudiants obtiennent leur maîtrise en deux ans et demi. Selon M. Garnier, le Québec se distingue à ce chapitre, puisque les étudiants obtiennent plus rapidement leur diplôme au Canada anglais, aux États-Unis et en Europe.
À l'Université Laval, des mesures incitatives sont déjà en place pour encourager les étudiants à diplômer plus rapidement. Une somme d'argent - par tranche de 1000 $ par exemple - leur est carrément versée lorsqu'ils franchissent dans les délais requis les étapes de leur formation (scolarité, dépôt de mémoire ou de thèse, etc.). Au total, l'Université consacre 3 millions $ par année à ces mesures de soutien.










