À la commission scolaire des Navigateurs, sur la Rive-Sud de Québec, les accusations de voies de fait contre des enseignants se sont multipliées au cours de la dernière année. Trois d'entre eux se sont retrouvés devant les tribunaux, deux ont été acquittés. La police a aussi enquêté sur un autre cas, mais aucune accusation n'a été portée. La direction de l'école avait quand même suspendu l'enseignant.
Mais le congédiement d'un de leurs collèges est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. À l'automne, alors que Donald Bernard était professeur d'éducation physique à l'école primaire de Péribonka, des élèves ont affirmé qu'il avait commis des attouchements sexuels lors d'une activité à l'extérieur. Après enquête, la Sûreté du Québec a décidé qu'il n'y avait pas matière à porter des accusations et a fermé le dossier. La commission scolaire a tout de même décidé mardi de congédier l'enseignant.
«Il y a énormément de colère et même du dégoût parmi les enseignants, a affirmé France Lapierre, présidente du Syndicat de l'enseignement de Louis-Hémon. La commission scolaire a mis une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Les enseignants sont inquiets, ils ne veulent plus se retrouver seuls en présence d'un élève.»
De son côté, la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE) s'inquiète de l'impact de ces fausses allégations ou accusations injustifiées. «Ce que ça envoie comme message aux enseignants, c'est qu'ils ne peuvent plus exercer leur métier comme ils devraient le faire. Ils ne peuvent plus exercer leur autorité, assurer la sécurité ou réconforter leurs élèves sans s'exposer à des risques. Il faut mettre un frein à cette situation», affirme Manon Bernard, présidente de la FSE.
Mme Bernard s'inquiète aussi du message qui est ainsi envoyé aux élèves, qui pourraient tirer avantage de la situation. «On ouvre la porte à des abus», dit-elle.
Les enseignants demandent à la ministre Courchesne de revoir et de clarifier la procédure à suivre en cas de plaintes portées contre un professeur. Ils souhaitent aussi être davantage appuyés par leur direction et leur commission scolaire lorsque vient le temps d'exercer leur autorité en classe.
Au cabinet de la ministre de l'Éducation, l'attaché de presse Jean-Pascal Bernier affirme que Mme Courchesne est ouverte à une rencontre. Aucune initiative n'a jusqu'à maintenant été entreprise au ministère pour clarifier les procédures en cas de plaintes, a-t-il indiqué.












