Troubles de l'attention, hyperactivité, troubles d'apprentissage, dyslexie, etc. Autant de besoins et de façons différentes d'apprendre. Même si elle adore son boulot, Mme Lavoie admet qu'elle est parfois à bout de souffle. «Je n'arrive pas à mener tous mes élèves à bon port. Je suis au maximum de mes capacités», dit-elle.
C'est pour Mme Lavoie et des milliers d'autres profs que la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE) a créé un nouvel outil qui les aidera à intervenir auprès des élèves en difficulté. «C'est une initiative unique en son genre qui va permettre aux enseignants d'être mieux informés et d'avoir un langage commun», affirme Manon Bernard, présidente de la FSE.
Dévoilé hier, ce petit ouvrage d'une trentaine de pages définit les caractéristiques des élèves à risque, handicapés, en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage. Pour chaque catégorie, le document définit les besoins de l'élève, le soutien dont il a besoin et détermine les intervenants les mieux placés pour lui venir en aide. «Il y avait vraiment un besoin à ce niveau», ajoute Mme Bernard.
Céline Lavoie se réjouit de cette initiative. «Ça va nous permettre de briser l'isolement, d'avoir des repères écrits et de mieux identifier les problèmes, dit-elle. On saura maintenant quoi faire pour mieux intervenir auprès de ces enfants.»
Balises attendues
Par ailleurs, la FSE attend toujours que la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, détermine les balises qui doivent encadrer la délicate question de l'intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières. L'an dernier, Mme Courchesne avait présenté un plan d'action pour soutenir les élèves en difficulté, qui a reçu un accueil mitigé. Les enseignants ont demandé une rencontre avec la ministre à ce sujet, mais n'ont toujours pas eu de réponse. Hier au cabinet de Mme Courchesne, il a été impossible d'avoir des précisions à ce sujet.
Le nombre d'enfants en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage est en hausse dans les écoles du Québec. Selon des chiffres obtenus par le Journal de Montréal l'automne dernier, ce nombre est passé de 62 369 en 2002-2003 à 79 103 en 2007-2008, ce qui représente une hausse de 27 % en cinq ans.












