C'est ce qu'indiquent les dernières données disponibles transmises au Soleil par la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ). Au cours des deux dernières années, le taux a grimpé à 3,35 % et à 3,34 %. Un sommet depuis 1999-2000, année où la FCSQ a commencé à compiler des données à ce sujet.
 «C'est une préoccupation constante», affirme Pierre D'Amours, conseiller en relations de travail à la FCSQ.
Le taux d'absentéisme concerne les enseignants, mais aussi les professionnels et le personnel de soutien des commissions scolaires. Les congés de maladie liés à des problèmes de santé mentale (épuisement professionnel, dépression, anxiété, etc.) représentent 46 % des absences. Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, les enseignants ne s'absentent pas plus pour des raisons psychologiques que les employés de soutien ou les professionnels, selon la Fédération. Au total, 706 000 jours d'assurance salaire ont été accordés en 2007-2008 pour un total d'un peu plus de 21 millions de jours travaillés. Géographiquement, la situation est assez comparable d'une région à l'autre, précise M. D'Amours.
En 2002-2003, les commissions scolaires avaient pourtant réussi à faire diminuer l'absentéisme en mettant en place des méthodes de gestion plus sophistiquées, comme des programmes d'aide aux employés et le retour progressif au travail.
Cinq ans plus tard, ces mesures sont toujours en vigueur. Comment les commissions scolaires expliquent-elles cette hausse alors ? «Excellente question!», laisse tomber M. D'Amours. Depuis deux ans, la Fédération a aussi mis sur pied de nouveaux services conseils pour offrir un meilleur soutien aux gestionnaires qui doivent composer avec ces nombreux congés de maladie. «Les causes sont difficiles à recenser», ajoute le conseiller.
Mais pour la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), la réponse est simple : avec l'intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières, les profs sont surchargés et démotivés.
«Ces chiffres montrent la lourdeur de la tâche, affirme la présidente de la FSE, Manon Bernard. On a un manque de support à plusieurs niveaux. Les enseignants se sentent seuls et dévalorisés.»
Les statistiques du ministère de l'Éducation confirment d'ailleurs la hausse de l'absentéisme constatée dans les commissions scolaires. Dans les rangs des enseignants, le nombre de jours d'assurance-salaire a augmenté de 10 % au cours des cinq dernières années, atteignant 397 553 en 2006-2007 selon les derniers chiffres disponibles.
Des absences qui ont coûté 85,6 millions $ au ministère de l'Éducation pour la même année.













