En fait, tous les cours obligatoires du baccalauréat en administration des affaires ? qui représentent la moitié de la formation ? sont maintenant offerts en anglais, une nouveauté depuis l'automne dernier.
«Depuis quelques années, on observait une migration des étudiants vers Montréal pour pouvoir suivre des cours en anglais», explique le doyen de la faculté des sciences de l'administration, Robert Mantha. «Les employeurs nous disent aussi depuis longtemps que nos diplômés doivent être meilleurs en anglais.»
L'Université Laval a commencé à offrir quelques cours en version anglaise il y a quatre ans. Les étudiants ont répondu à l'appel. Devant le succès remporté, la faculté a bonifié son offre. Aujourd'hui, près de 15 % des étudiants en première année (sur environ 500) suivent au moins un cours en anglais.
«Pour moi, c'est un gros avantage, ça m'aide beaucoup», affirme Sophie Pellerin, présidente de l'association des étudiants en administration.
Les cours obligatoires se déclinent habituellement en quatre groupes. Pour un même cours, on trouve souvent trois groupes qui suivent le cours en français et un en anglais.
Le cours est habituellement donné par le même professeur, et les étudiants peuvent rédiger travaux et examens dans la langue de Molière.
L'enseignement en anglais permet aussi d'attirer davantage d'étudiants venant de l'extérieur du Québec, ajoute M. Mantha. «Nous avons doublé le nombre d'étudiants étrangers», dit-il, qui s'élève maintenant à 140. Il s'agit souvent d'étudiants qui veulent améliorer leur français, mais qui ne se sentent pas prêts à faire tous leurs cours dans une langue qu'ils maîtrisent encore mal.Â
C'est notamment ce qui a poussé Justin Morrow à quitter l'Ontario pour venir étudier au Québec. Pour ce joueur de football, se joindre au Rouge et Or était une idée séduisante, mais il n'aurait probablement pas fait le saut s'il avait été obligé d'étudier en français dès son arrivée. «Sans les cours d'anglais, ça aurait été vraiment difficile. La marche aurait été haute», dit-il.
Justin est maintenant sur le point de terminer son baccalauréat en administration à l'Université Laval et il est maintenant bilingue. «J'espère que plusieurs anglophones vont saisir cette opportunité», ajoute-t-il.
L'Université Laval n'est pas la seule à offrir des cours dans une autre langue que le français. HEC Montréal offre aussi des cours en anglais et même en espagnol.













