C'est ce qu'indiquent les chiffres transmis au Soleil par l'Ordre des enseignants de l'Ontario. Selon Gabrielle Barkany, agente de communication pour l'Ordre, l'augmentation peut s'expliquer par le manque d'enseignants dans le réseau scolaire francophone. En raison d'une «pénurie critique», les perspectives d'emplois sont séduisantes.
Selon une étude réalisée par l'Ordre des enseignants l'an dernier, deux nouveaux professeurs sur trois réussissent à décrocher un emploi permanent moins d'un an après avoir complété leurs études. Dans le réseau anglophone, cette proportion s'élève plutôt à un sur trois.
«Les enseignants francophones ont vraiment une longueur d'avance sur leurs collègues anglophones», affirme Mme Barkany. Plusieurs sont même embauchés avant d'avoir leur diplôme en poche, ajoute-t-elle.
La pénurie est telle que le nombre de demandes d'autorisation d'enseignement (que l'on accorde à des gens qui n'ont pas de formation comme professeurs) dans le réseau francophone représente 20 % des requêtes, alors que les élèves francophones ne comptent que pour 5% de l'effectif scolaire en Ontario. «Les enseignants francophones sont des perles rares et nous avons besoin d'eux», ajoute Mme Barkany.
Au Québec, suppléance, précarité et contrats à temps partiel sont le lot d'une bonne partie des jeunes enseignants. Au total, 38% des enseignants occupent un emploi précaire, selon les chiffres de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE).
Écart salarial
Il n'y a pas que les perspectives d'emplois qui sont séduisantes en Ontario. Le chèque de paye l'est aussi.
Selon les statistiques du ministère de l'Éducation, le salaire moyen des enseignants québécois était de 55 200 $ en 2004-2005 comparativement à 71 000 $ pour leurs collègues ontariens. Un écart de... 29%. Il faut toutefois préciser que les chiffres provenant de l'Ontario comprennent aussi les directeurs d'école et les professionnels travaillant auprès des élèves.
Le départ d'enseignants québécois vers l'Ontario est préoccupant, selon la FSE. «On se pose de sérieuses questions, affirme sa présidente, Manon Bernard. Avec le nombre de tolérances d'engagement qui explose (accordées à des gens qui n'ont pas la formation pour enseigner), on ne peut pas se permettre d'en perdre autant. Notre défi collectif, c'est de rendre cette profession
attrayante.»











