Jo-Ann Provencher, 24 ans, a obtenu son diplôme en ingénierie au Maine Maritime Academy. Jonglant avec l'idée de revenir travailler au Québec après ses études, elle a appris qu'elle devait d'abord débourser 450 $ auprès de l'Ordre des ingénieurs pour une évaluation de dossier, afin de faire reconnaître son diplôme au Québec.
Mme Provencher, qui a grandi dans la région de la capitale, déplore le fait qu'on n'encourage pas plus les Québécois formés à l'étranger à revenir travailler dans la Belle Province, en réduisant notamment les coûts.
«On dit qu'on veut garder des travailleurs qualifiés au Québec, mais on nous met des bâtons dans les roues, dit-elle. Je trouve ça frustrant quand je dois me débattre pour revenir travailler chez nous.»
À l'Ordre des ingénieurs, on explique que le diplôme n'a pas de nationalité. «On ne parle pas de ressortissants, mais bien de diplômes», indique Zaki Ghavitian, président de l'Ordre.
Pour le moment, seuls les diplômés français ont droit à une procédure simplifiée et à des frais moins élevés. En vue de l'entente France-Québec conclue en octobre par le gouvernement Charest, les frais d'évaluation de dossier pour un diplômé français sont de 50 $ et les équivalences sont reconnues automatiquement. Ainsi, un ingénieur allemand qui aurait fait ses études en France aura plus de facilité à exercer sa profession ici qu'un Québécois avec un diplôme américain en poche, par exemple.
M. Ghavitian reconnaît que l'entente France-Québec crée des distorsions, mais espère plutôt qu'un plus grand nombre d'ententes de ce genre seront conclues au fil des ans. Dans le cas des diplômés américains, il précise que la reconnaissance des acquis est grandement simplifiée pour les diplômés d'institutions membres de l'Accord de Washington, dont la formation est déjà reconnue. Les sommes à défrayer pour le traitement du dossier, qui comprend un examen, restent toutefois les mêmes.
De son côté, Mme Provencher a décidé de poursuivre ses études à la maîtrise, à New York. Elle n'a pas mis une croix définitivement sur le Québec, mais en garde pour l'instant un goût amer. «Disons que ç'a joué dans ma décision de rester aux États-Unis.»











