C'est ce qu'elle a annoncé récemment aux commissions scolaires, dans une lettre dont Le Soleil a obtenu copie. «Malgré l'ampleur des actions menées par le ministère et l'adhésion certaine du milieu scolaire au contenu du programme, plusieurs intervenants ont demandé d'examiner le report possible de son application, peut-on y lire. Plusieurs enseignants tireraient avantage d'avoir une année supplémentaire pour s'approprier le contenu du programme, compte tenu de son caractère novateur.»
Le nouveau cours, baptisé Projet intégrateur, s'adresse à tous les élèves de cinquième secondaire. L'objectif est de faire la synthèse de leur formation à travers un projet personnel, centré sur leurs intérêts : production d'un journal, réalisation d'un site Internet, action communautaire...
Ce cours devait occuper 50 heures dans la grille-matière à partir de l'automne, soit l'équivalent d'un peu plus d'une heure par semaine.
Puisque ce cours exige une bonne dose de supervision individuelle de la part de l'enseignant, des «travaux plus importants» sont nécessaires, dans certaines écoles, «pour mieux faire face aux changements dans l'organisation de l'enseignement», peut-on lire dans la missive envoyée par Mme Courchesne. Les écoles qui sont prêtes à donner le cours dès l'automne pourront toutefois le faire, avec l'aide du ministère.
La Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE) est à moitié satisfaite de cette annonce, puisqu'elle avait plutôt demandé que ce cours devienne optionnel. «On trouve que c'est irréaliste (de le rendre obligatoire pour tous), compte tenu du temps de supervision requis. On parle d'accompagnement soutenu pour 32 élèves par groupe. C'est un travail colossal», affirme Manon Bernard, présidente de la FSE.
Même si elle estime que la décision de la ministre Courchesne arrive un peu tard, en milieu d'année scolaire, Mme Bernard se réjouit toutefois que le ministère se donne plus de temps pour apporter des correctifs.
Même son de cloche du côté des directeurs d'école. «Ce cours est tout à fait dans l'esprit de la réforme, mais on veut avoir du temps pour le préparer correctement», affirme Chantal Longpré, présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissements. Ce nouveau cours entraîne des changements «monumentaux» dans l'organisation scolaire, ajoute-t-elle. Un élève peut, par exemple, intégrer différentes matières dans son projet, mais un seul et même prof doit superviser le tout. L'idée de transformer le projet intégrateur en cours à option est intéressante, ajoute Mme Longpré.
À la Fédération des commissions scolaires, qui n'avait pas demandé ce report, le porte-parole Denis Pouliot souligne qu'il est important que les écoles qui sont prêtes à donner le cours puissent le faire comme prévu.
Au ministère de l'Éducation, on indiquait hier que les écoles qui n'offriront pas le cours l'an prochain pourront répartir les
50 heures prévues dans d'autres matières, selon leur choix.












