Les écoles anglophones de Québec font le plein

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Les écoles anglophones de Québec font le plein

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L'augmentation est plus importante dans le réseau privé que dans le réseau public, selon les chiffres que le ministère de l'Éducation vient de publier.

Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Pendant que les écoles publiques francophones de Québec se vident, les établissements anglophones se remplissent.

Au cours des cinq dernières années, le nombre d'élèves qui s'instruisent dans la langue de Sha­kespeare a grimpé de 12 % dans la capitale, passant de 2790 à 3120 jeunes du préscolaire au secondaire. L'augmentation est plus importante dans le réseau privé que dans le réseau public, selon les chiffres que le ministère de l'Éducation vient de publier. Pendant ce temps, le réseau francophone continue de perdre des joueurs.

Dans la région de Québec, le nombre d'élèves a diminué de 6 % au cours de la même période, de 83 530 à 78 400.

«Il faut croire qu'on fait une bonne job!», lance en riant Michelle Morin-Doyle, présidente de Central Quebec School Board, pour expliquer ces chiffres. Plus sérieusement, elle croit tout simplement que davantage de parents qui le peuvent choisissent l'école anglaise pour leurs enfants.

Depuis 1977, avec l'entrée en vigueur de la loi 101, seuls les enfants dont les parents ont fréquenté l'école anglaise peuvent étudier dans la langue de Shakespeare. Au Québec, le réseau scolaire anglophone compte 115 000 élè­ves répartis dans 350 écoles, dont six écoles primaires et deux écoles secondaires dans la capitale. La Central Quebec School Board ne compile toutefois aucune statistique sur la proportion de parents qui ont le droit d'envoyer leurs enfants à l'école anglaise et qui décident de le faire.

La popularité des écoles anglophones peut aussi être reliée au réseau lui-même, suggère encore Mme Morin-Doyle. «On a de petites écoles, les parents s'impliquent beaucoup... C'est très familial et ce climat a une incidence sur la réussite», dit-elle.

L'augmentation du nombre d'écoliers dans les écoles anglaises se limite toutefois à quelques régions - le Bas-Saint-Laurent et la Chaudière-Appalaches connaissent aussi de légères hausses. Dans l'ensemble du Québec, le réseau anglophone a plutôt connu une baisse d'élèves depuis cinq ans, comme dans le secteur francophone.

À l'échelle provinciale, les commissions scolaires anglophones se désolent plutôt de constater que le nombre d'élèves anglophones qui optent pour l'école en français... augmente. Selon les chiffres du ministère, 18 300 élè­ves de langue maternelle anglaise fréquentaient le réseau francophone en 2003-2004, comparativement à 19 900 en 2007-2008. Une hausse de 8 %.

«C'est de plus en plus important pour les parents que leurs enfants maîtrisent les deux langues», explique Debbie Horrocks, présidente de l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec. D'ailleurs, de plus en plus d'écoles anglaises ont développé au cours des dernières années des programmes bilingues ou d'immersion française pour répondre à cette préoccupation, ajoute-t-elle.

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