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SEM et SIMCO: une entente unique, reconnaît l'Université

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SEM et SIMCO: une entente unique, reconnaît l\'Université

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L'ancien recteur et député de Charlesbourg, Michel Pigeon, qui a cofondé SEM en 1989 avec M. Marchand et deux autres partenaires, assure qu'il a cessé d'être impliqué dans les négociations entre l'Université et l'entreprise lorsqu'il est devenu directeur du département de génie civil, en 1999.

Photothèque Le Soleil, Jocelyn Bernier

Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) L'entente conclue avec l'entreprise Service d'expertise en matériaux (SEM) était unique, reconnaît l'Université. Mais de la faculté au vice-rectorat à la recherche, les raisons pour y avoir mis un terme diffèrent.

Selon Guy Gendron, doyen de la faculté des sciences et génie, l'administration a jugé qu'il était temps que «l'entreprise vole de ses propres ailes», après 20 ans de collaboration.

«On voulait faire place à la prochaine entreprise dont la société aura besoin dans cinq ans», dit-il, refusant de spéculer sur les raisons qui ont mené l'administration précédente à renouveler l'entente en vigueur depuis la création de l'entreprise, en 1989.

L'Université, ajoute M. Gendron, ne connaît pas les revenus ou le chiffre d'affaires de SEM.

«On ne s'ingère pas dans la conduite de l'entreprise. On signe une entente basée sur la confiance», dit-il. Or, les règles de l'Université prévoient qu'en cas de location d'espace par une entreprise en émergence, l'Université a accès aux plans d'affaires de la compagnie (voir l'encadré). Mais M. Gendron réfute du même souffle toutes les allégations de traitement de faveur.

Par ailleurs, le non-renouvellement de l'entente avec l'entreprise ne signifie pas nécessairement la fin des activités de SEM au laboratoire de génie civil, ajoute le doyen. Comme avec d'autres entreprises, des contrats de recherche pourront être réalisés sur une base ponctuelle, précise-t-il.

De son côté, le vice-recteur à la recherche, Edwin Bourget, va plus loin en admettant que la présence de SEM au laboratoire de génie civil crée un malaise. «Si on s'aperçoit que le partenariat peut être irritant, on y met un terme. On n'a aucune raison de maintenir des partenariats qui ne sont pas positifs sur toute la ligne», a-t-il expliqué au Soleil. Sans vouloir s'étendre sur les causes de ce malaise, le vice-recteur a indiqué qu'il pouvait s'agir de «surutilisation d'équipements».

Un cas d'exception

M. Bourget considère quant à lui que l'entente représentait «une aide apportée à une entreprise qui vient demander des services comme d'autres entreprises le font». Une autre compagnie aurait droit au même traitement, au même tarif, assure-t-il. Il a toutefois admis qu'il n'existe pas d'entente similaire qui prévoit la location d'espaces de laboratoire à long terme. Un cas d'exception, en quelque sorte.

Au département de génie chimique, où le laboratoire est aussi équipé d'appareils ultrasophistiqués, des analyses sont réalisées pour une quinzaine de partenaires externes. Mais il s'agit de contrats à la pièce, et non d'entente de location d'espace, indique M. Bourget.

De son côté, l'ancien recteur et député de Charlesbourg, Michel Pigeon, estime que cette collaboration a été très favorable pour le département et les étudiants, qui ont ainsi pu bénéficier de contacts plus étroits avec le «monde réel».

M. Pigeon assure qu'il a cessé d'être impliqué dans les négociations entre l'Université et l'entreprise lorsqu'il est devenu directeur du département de génie civil, en 1999. Le député s'est par ailleurs complètement retiré de l'entreprise qu'il a fondée en 2002, lorsqu'il est devenu recteur. «Si l'entente a duré si longtemps, c'est qu'elle a été bénéfique pour les deux parties», affirme-t-il.

Syndicat surpris

Mais pour le syndicat des professeurs de l'Université Laval, ce type de collaboration n'a tout simplement pas sa place à l'Université. «Ça me surprend qu'une telle entente ait duré si longtemps. C'était le temps que l'Université mette ses culottes», affirme son président, John Kingma, informé de la situation par Le Soleil.

L'Université peut contribuer au démarrage d'entreprise, affirme M. Kingma, mais à condition que cette collaboration ne dure pas éternellement. L'Université doit respecter les règles qu'elle s'est elle-même fixées, dit-il.

Selon M. Kingma, le sous-financement pousse de plus en plus les universités à avoir recours au privé comme source de financement, ce qui risque de menacer l'indépendance de la recherche universitaire.

LES TERMES DE L'ENTENTE

Politique relative au transfert de connaissances et de technologies de l'Université Laval

Caractère temporaire de l'aide apportée à l'entreprise

L'entreprise doit au départ offrir la promesse qu'elle pourra devenir viable hors des murs de l'Université à l'intérieur d'un délai d'un ou deux ans au maximum, à moins de circonstances exceptionnelles.

Juste compensation

L'Université doit fixer le prix du loyer et offrir des services à une entreprise à des coûts équivalant à leur juste valeur marchande. Elle doit pouvoir démontrer qu'elle ne contribue d'aucune manière au financement ou au fonctionnement d'une entreprise privée.

Droit de regard de l'Université

Un membre de l'Université sera désigné par celle-ci pour agir comme interlocuteur officiel auprès de la compagnie. Cette personne aura accès aux plans d'affaires et de développement de la compagnie, qu'elle pourra faire évaluer par des experts indépendants de son choix.

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