Ce plan d'action, qui était doté d'un budget de 60 millions $ en trois ans, est en vigueur dans les écoles du Québec depuis 2005. Il a été reconduit l'an dernier pour trois années supplémentaires par la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne.
Au total, près de 58 millions $ ont été dépensés, principalement pour l'achat de livres neufs ou l'embauche de bibliothécaires, nous apprend un rapport d'évaluation qui vient d'être rendu public. Certaines commissions scolaires (20 %) ont dépensé plus que les sommes prévues. Mais le tiers ont tenu les cordons de la bourse plus serrés, en allouant moins d'argent que prévu.
Les écarts varient de quelques centaines de dollars à plusieurs milliers. Un peu plus de la moitié des CS qui ont moins dépensé l'ont fait dans un écart de 5 à 9 %. Mais quatre commissions scolaires ont consacré moins de 80 % du budget prévu.
«On ne connaît pas les raisons pour lesquelles certaines commissions scolaires n'ont pas investi toute leur part», peut-on lire.
Du côté de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), on rappelle que la réalité varie en fonction des besoins de chaque milieu. «Est-ce que des commissions scolaires avaient déjà fait des efforts dans ce sens? C'est le reflet d'un réseau décentralisé», affirme Denis Pouliot, porte-parole de la FCSQ. Des écoles ont pu décider de regarnir leurs bibliothèques bien avant la mise en oeuvre de ce plan d'action, illustre-t-il.
Le son de cloche est similaire du côté de la Fédération québécoise des directions d'établissements d'enseignement, où on rejette catégoriquement les solutions mur à mur.
«On ne peut pas être contre la vertu, mais il s'agissait d'une enveloppe fermée. On ne peut pas imposer la même recette à tout le Québec», affirme sa présidente, Chantale Longpré.
Cibler parents et enseignants
En plus de regarnir les bibliothèques, le plan d'action vise à améliorer les méthodes d'enseignement en lien avec la lecture. Selon l'évaluation du ministère, ce plan d'action a eu peu d'impact sur le développement de stratégies pédagogiques. Cet aspect dépendait surtout de la participation à des camps de lecture, qui ne peuvent rejoindre un grand nombre d'enseignants.
Le rapport souligne aussi la faiblesse du volet de la sensibilisation des parents à la lecture. Un volet qui sera plus présent dans la nouvelle mouture du plan d'action, qui prévoit une campagne de publicité nationale afin de favoriser la lecture à l'école.
Cette évaluation reste toutefois partielle, puisqu'elle ne tient pas compte du point de vue des élèves et des enseignants, souligne Olivier Dezutter, professeur à l'Université de Sherbrooke, qui a réalisé plusieurs études sur la lecture à l'école.
Le rapport ne dit pas non plus quelle utilisation élèves et enseignants font de ces bibliothèques regarnies, ajoute-t-il.










