En avril, des publicités envahiront les écrans de télévision, les stations de radio et le Web afin d'inciter les élèves à mettre plus souvent le nez dans un bouquin. Les parents seront les premiers visés par cette offensive, précise Marie-Claire Ouellet, du Secrétariat à la communication gouvernementale. Coût de l'opération : 400 000 $.
Ce budget se situe «dans la moyenne», si on le compare aux sommes habituellement consacrées à ce type de campagne de sensibilisation, précise Mme Ouellet. Il n'a pas été possible d'en apprendre plus sur le slogan et le concept associés à cette campagne, puisque le tout est encore sur la planche à dessin.
Au ministère de l'Éducation, on précise que cette offensive publicitaire s'adressera aussi aux «lecteurs récalcitrants» et aux garçons. Au Québec, selon les derniers résultats du Programme international de recherche en lecture scolaire, près d'un garçon sur cinq (18 %) affirme ne jamais lire ou presque à l'extérieur de l'école. Dans les rangs des filles, cette proportion chute à 10 %.
Plusieurs recherches ont déjà démontré l'importance du rôle des parents lorsqu'il s'agit de donner le goût de la lecture aux enfants. «Leur influence est déterminante», rappelle Olivier Dezutter, professeur à la faculté de l'éducation de l'Université de Sherbrooke. Les enfants qui ont accès à des livres à la maison et qui ont été initiés au plaisir de la lecture à l'heure du coucher partent avec une bonne longueur d'avance, rappelle-t-il.
Informé par Le Soleil de cette initiative, M. Dezutter s'en réjouit mais estime qu'il est difficile d'évaluer l'impact d'une telle campagne sans en connaître le contenu. «Il faut que cette action soit menée en parallèle avec d'autres mesures pour qu'elle soit efficace», rappelle-t-il. La campagne publicitaire fait partie du plan d'action sur la lecture à l'école, qui vient d'être reconduit pour trois années supplémentaires.
Avec le dépôt très médiatisé du rapport du Groupe d'action pour la persévérance scolaire, appuyé par plusieurs ministères, on aurait pu s'attendre à ce que la prochaine offensive publicitaire en éducation vise à garder les jeunes sur les bancs d'école. Ce plan d'action dévoilé mardi recommande notamment d'entreprendre une grande campagne de mobilisation pour valoriser l'éducation au Québec.
Mais miser sur la lecture à l'école permet aussi de s'attaquer par ricochet au décrochage scolaire, affirme Michel Perron, sociologue et fondateur du CREPAS, le Centre régional de prévention et d'abandon scolaire du Saguenay?Lac-Saint-Jean.
«On sait que la difficulté à lire chez certains élèves mène à des difficultés d'apprentissage qui peuvent pousser un jeune à décrocher», dit-il. M. Perron croit à l'efficacité des campagnes publicitaires. C'est d'ailleurs une des stratégies qui a été adoptées au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour garder les jeunes sur les bancs d'école.
«Chaque jeune a besoin d'encouragement chaque jour», martèlent les médias locaux chaque année depuis 10 ans. Une offensive qui a donné des résultats convaincants, notamment auprès des parents.

















