Des postes difficiles à pourvoir

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Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Des mois peuvent parfois s'écouler avant qu'un élève rencontre un psychologue scolaire. Mais encore faut-il qu'il y en ait un à l'école. À Québec, une douzaine d'écoles primaires n'auront pas droit aux services d'un psychologue ce mois-ci, faute de candidats intéressés à occuper ces postes.

C'est la commission scolaire de la Capitale qui est la plus touchée par la pénurie. Trois écoles primaires n'ont pas de psychologues depuis déjà quelques mois, les offres d'emploi n'ayant pu être pourvues.

Au cours des prochains jours, cinq écoles s'ajouteront à cette liste, puisqu'une psychologue partira pour un congé de maternité. «Le problème va s'accentuer au cours des prochains mois», affirme la porte-parole, Marie-Élaine Dion.

Deux postes de psychologue sont aussi à pourvoir à la commission scolaire des Premières-Seigneuries, qui couvre l'est de Québec. Au moins cinq écoles sont touchées.

«Il y a vraiment pénurie dans ce secteur», affirme le secrétaire général, Jean-François Parent. À l'occasion, la commission scolaire a même recours à des spécialistes du privé pour accélérer le processus. «Mais même au privé, il y a des listes d'attente», ajoute-t-il.

À la commission scolaire des Découvreurs (ouest de Québec) et aux Navigateurs (Rive-Sud), tous les postes sont occupés, mais les psychologues restent particulièrement difficiles à recruter, indique-t-on.

Plus d'étudiants

À l'Ordre des psychologues, on affirme que la pénurie est généralisée dans les écoles du Québec. La situation est encore plus difficile en région, affirme le secrétaire général, Stéphane Beaulieu.

Pourtant, le nombre d'étudiants admis en psychologie dans les universités a augmenté de 21 % depuis 2005-2006. Les program­mes spécialisés en psychologie scolaire se font toutefois beaucoup plus rares qu'avant, ajoute-t-il. «Il n'y en a presque plus. C'est très préoccupant, surtout quand on sait qu'il y a une forte demande dans les écoles.» Il a été impossible de joindre le directeur de l'École de psychologie de l'Université Laval pour en savoir plus.

Conditions difficiles

Plusieurs psychologues sont aussi tentés par la pratique privée, où la rémunération est beaucoup plus intéressante, indique M. Beaulieu. Mais il n'y a pas que l'argent. Les conditions de travail peu séduisantes n'aident certainement pas à convaincre des psychologues de travailler dans les écoles, ajoute Jean Falardeau, président de la Fédération des professionnels de l'éducation.

«Les conditions de travail ne sont pas attirantes, dit-il. Il faut souvent se déplacer dans plusieurs écoles.» Et lorsque le psychologue s'y rend, à raison parfois d'une journée semaine, c'est souvent pour éteindre des feux. «Au moins dans le milieu de la santé, le psychologue n'a qu'un seul milieu de travail.»

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