Le regroupement qui se tiendra les 31 juillet et 1er août à Québec permettra aux traducteurs de parler affaires, efficacité, outils de travail. Ils viennent surtout des États-Unis, mais leur diversité étonne : une firme de Los Angeles se spécialise en coréen, une autre du New Jersey en hébreu, une entreprise du Kentucky traduit... toutes les langues!
Il faut dire, explique le traducteur Grant Hamilton, président d'Anglocom, que les firmes américaines sont différentes des nôtres. Comme la demande y est plus éclatée, elles emploient surtout des pigistes qui travaillent d'un peu partout dans le monde. Ici, la demande est plus prévisible, très centrée sur l'anglais et le français, ce qui permet aux entreprises comme la sienne d'embaucher des employés spécialisés, à plus long terme.
D'ailleurs, si les employés qualifiés dans ce domaine n'étaient pas si rares, il en embaucherait bien trois ou quatre autres pour compléter son équipe de 18 traducteurs, spécialisés surtout en publicité. «On peine à trouver suffisamment de main-d'oeuvre, affirme M. Hamilton. C'est toujours un long processus pour trouver les gens, poursuit-il, les former, les mettre à l'aise. Cela prend un bon cinq ans pour se faire la main.»
S'il y a pénurie, c'est qu'avec la mondialisation, «les occasions se multiplient, mais on ne multiplie pas le nombre de traducteurs». Il donne l'exemple d'un fabricant de planchers de bois franc «qui ne vendait qu'aux constructeurs de Québec, et qui, tout d'un coup, commence à vendre au Texas».
Cette pénurie inciterait cependant de plus en plus de jeunes à s'intéresser au métier.
Métier de touche-à-tout
Grant Hamilton prêche pour sa paroisse, et vante les nombreux avantages du métier de traducteur, un touche-à-tout qui peut apprendre tous les jours dans un éventail de domaines, au fil des clients. Son entreprise, basée à Québec, sert des clients de partout dans le monde, comme une firme de Los Angeles chargée de traduire un jeu vidéo conçu au Japon ou des centres de ski des Alpes françaises pour qui elle traduit des guides pour skieurs.
«C'est presque un métier virtuel», lance M. Hamilton : non seulement les clients viennent d'un peu partout, mais les employés peuvent aussi travailler de n'importe où. Une de ses employées vit maintenant en Guadeloupe, un autre a travaillé de sa résidence temporaire à Vancouver pendant un an. «Si on est doué pour les langues, c'est un métier d'avenir intéressant et très flexible, pour une mère à la maison qui veut travailler à temps partiel, ou pour les autres qui peuvent le pratiquer aussi bien à plage, dans un sous-sol ou un gratte-ciel du centre-ville.»
Lors du congrès, Grant Hamilton sera honoré du prix Alicia Gordon, qui récompense les prouesses créatives des traducteurs, un prix qu'il a obtenu pour la traduction d'une publicité de l'Office du tourisme de Québec destinée au marché de Boston.









