En raison des critiques, une école privée renonce au don d'Hydro-Québec

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En raison des critiques, une école privée renonce au don d\'Hydro-Québec

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Le député péquiste de Jonquière estime qu'Hydro-Québec devrait plutôt soutenir le réseau public d'éducation. De plus, il dénonce la situation de potentiel conflit d'intérêts dans laquelle s'est placé Thierry Vandal (photo), puisqu'il siège aussi sur le conseil d'administration de l'école secondaire privée en question.

Photothèque La Presse

 

Rémi Nadeau
La Presse Canadienne
Québec

Pliant sous le poids de la controverse, le Collège Notre-Dame a choisi de renoncer au don de 250 000 $ sur cinq ans que lui a accordé Hydro-Québec.

Au cours de la journée, jeudi, autant les acteurs du milieu scolaire que politique ont dénoncé unanimement l'octroi de cette aide financière de la société d'État à l'école privée de Montréal.

Scandalisé, le Parti québécois avait sommé le gouvernement Charest d'intervenir et de rappeler à l'ordre le président-directeur général d'Hydro, Thierry Vandal.

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'énergie, Sylvain Gaudreault, a demandé à la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, d'empêcher la société d'État de verser la somme devant servir à moderniser les infrastructures sportives de l'école.

Le député péquiste de Jonquière a dénoncé la situation de potentiel conflit d'intérêts dans laquelle s'est placée M. Vandal, puisqu'il siège aussi au conseil d'administration de l'école secondaire privée en question.

Selon M. Gaudreault, la ministre Normandeau doit exiger que M. Vandal fasse toute la lumière sur ce nouveau faux-pas.

«C'est complètement scandaleux et honteux. En période de crise économique, les consommateurs ont vu leurs tarifs augmenter, pendant ce temps, les dirigeants d'Hydro ont reçu des bonus, ont commis des erreurs quant à la facturation, et là, ce don à une école privée, c'est la goutte qui fait déborder le vase», a lancé le député en entrevue téléphonique.

Du côté de l'Action démocratique du Québec, le député Éric Caire a aussi livré une charge en règle contre le pdg Vandal, l'accusant d'avoir largement outrepassé son mandat.

«Ça n'a aucun rapport. Si M. Vandal se sent investi de la mission de soutenir nos infrastructures, qu'il mette sa face sur les poteaux, qu'il se présente à une élection et qu'il présente un programme. Son mandat n'est pas de distribuer de l'argent dans les écoles», a tonné le député de La Peltrie.

Tout comme le député péquiste Gaudreault, M. Caire estime que Thierry Vandal accumule les gaffes depuis son accession aux plus hautes fonctions d'Hydro-Québec.

Selon lui, il faut directement associer son parcours erratique à la nomination partisane dont il a bénéficié.

«Il n'a pas été nommé là parce qu'il a de grandes compétences et une grande vision de ce que la société d'État doit devenir. C'est un ami libéral et il ne faut pas s'attendre à de grandes performances», a déclaré l'adéquiste.

Le président de la Centrale des syndicats du Québec, Réjean Parent, a ajouté sa voix au concert de critiques, en publiant un communiqué de presse dénonçant «des odeurs de népotisme inacceptables».

«Ça n'a aucun sens qu'une société d'État finance les écoles privées, quand nos écoles publiques crient famine. C'est un geste totalement inacceptable et incompréhensible», a-t-il décrié.

La Fédération des commissions scolaires du Québec a pour sa part qualifié d'inadmissible l'initiative d'Hydro-Québec.

La présidente, Josée Bouchard, avait aussi demandé à la ministre Normandeau de forcer la société d'État à faire marche arrière, affirmant que les besoins sont beaucoup plus criants dans le réseau public.

Mme Normandeau étant actuellement en vacances à l'extérieur du pays, il n'a pas été possible de connaître sa position jeudi.

Par ailleurs, le service des relations publiques d'Hydro-Québec n'a pas retourné l'appel de La Presse Canadienne.

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