«Au-delà du renouveau pédagogique, on veut savoir qui sont ces élèves», explique Carole Lavoie, directrice des études au Cégep de Sainte-Foy. Son équipe travaillera d'ailleurs à partir des données du groupe Écobes, du Cégep de Jonquière, qui a récemment mené une étude sur les valeurs et habitudes de vie des jeunes du secondaire dans la région de la Capitale-Nationale.
Même son de cloche au Cégep de Lévis-Lauzon, où on s'intéresse aussi aux comportements de cette nouvelle génération. «On sait que ces jeunes posent beaucoup de questions. Les profs se font souvent demander à quoi ça sert, d'apprendre tout ça. C'est vrai avec les étudiants qui sont présentement au cégep, et ce le sera probablement encore plus avec les élèves de la réforme», affirme Marcel Lafleur, conseiller pédagogique au Cégep Limoilou.
Argumentation et confrontation
Il s'agit de la génération du «qu'ess ça donne?», ajoute Jacques Roy, professeur au Cégep de Sainte-Foy. Ce chercheur à l'Observatoire Jeunes et Société de l'INRS souligne par ailleurs que les élèves de cette génération n'hésitent pas à argumenter en classe.
«Ça fait déjà longtemps que le prof a perdu son autorité, dit-il. Avec Internet et les médias, l'information circule beaucoup, et les étudiants n'hésitent pas à confronter l'enseignant. Mais comme prof, je trouve ça très sain.»
Les jeunes d'aujourd'hui carburent par ailleurs à l'interactivité en classe.
«Plus on va faire participer les étudiants aux cours, plus on va les intéresser», affirme M. Roy, qui ne croit toutefois pas que le choc culturel sera trop brutal l'an prochain.
«On connaît déjà la génération Y, qui partage beaucoup de caractéristiques avec ceux qui suivront, dit-il. Après tout, ce sont des jeunes comme les autres.»












