Dans un jugement rendu lundi, le juge Jean-Guy Dubois a rejeté la demande des parents qui réclamaient que leurs enfants soient exemptés de ce nouveau cours, enseigné dans toutes les écoles du Québec depuis l'automne 2008. Le programme d'éthique et culture religieuse (ECR) a remplacé les cours de religion catholique et morale.
«Le tribunal ne voit pas comment le cours ECR brime la liberté de conscience et de religion des demandeurs pour les enfants, alors que l'on fait une présentation globale de diverses religions sans obliger les enfants à y adhérer», écrit le juge Dubois, rejetant ainsi un des principaux arguments des parents qui s'opposaient à une décision rendue par la commission scolaire des Chênes, située à Drummondville. «Même les dirigeants de cette Église catholique admettent le bien-fondé d'une présentation objective d'autres religions», poursuit le juge.
L'automne dernier, le ministère de l'Éducation avait reçu près de 1000 demandes d'exemption reliées à ce nouveau programme. Une proportion qui reste toutefois très faible, puisqu'environ un million d'élèves fréquentent les écoles québécoises au primaire et au secondaire.
«Indignée»
Les parents qui ont intenté ce recours devant la Cour supérieure étaient appuyés dans leurs démarches par la Coalition pour la liberté en éducation (CLE), un regroupement qui s'oppose au nouveau cours.
Sa présidente s'est dite «surprise et indignée» hier de cette décision. «Ce jugement est basé sur une interprétation de la religion catholique alors que nous réclamons le respect des droits de tous les citoyens, croyants comme athées», a-t-elle indiqué.
L'Association des parents catholiques du Québec a aussi dénoncé ce jugement, estimant qu'il «prive les citoyens de toute confession de droits fondamentaux», celui des parents de «guider leurs enfants dans leur développement moral et religieux selon leurs propres convictions».
La CLE songe maintenant à porter ce jugement en appel. «Il y a une autre décision qui s'en vient [concernant le cours d'ECR] et nous voulons avoir le portrait complet avant de prendre une décision finale», a indiqué l'avocat de la coalition, Me Jean-Yves Côté, hier. L'école secondaire privée Loyola, à Montréal, a aussi fait appel aux tribunaux parce qu'elle refuse d'offrir le cours d'éthique et culture religieuse.











