Présent au point de presse de mercredi, le banquier Jacques Ménard, qui préside le Groupe d'action sur la persévérance et la réussite scolaire, s'est d'abord montré satisfait du plan d'action de Mme Courchesne. La ministre «a su rassembler les ingrédients d'une stratégie globale», s'est-il réjoui. Le rapport de son groupe de travail, déposé en mars, a largement inspiré les travaux de la ministre.
Le sociologue Michel Perron, qui a également participé à la rédaction du rapport Ménard, est lui aussi satisfait de la feuille de route déposée mercredi. «On s'en va dans la bonne direction», dit-il.
Mais dans le milieu de l'éducation, les réactions sont plus mitigées. La Centrale des syndicats de l'enseignement (CSQ), qui représente les enseignants, les professionnels et le personnel de soutien du réseau scolaire, est déçue. Son président, Réjean Parent, déplore l'absence de moyens supplémentaires pour atteindre la cible fixée, qu'il juge d'ailleurs trop modeste.
La présidente de la Fédération des syndicats d'enseignement, Manon Bernard, renchérit?: «C'est plus que du réchauffé, lance-t-elle. Avec l'absence de moyens, on craint une plus grande pression sur les épaules des profs.»
Du côté des directeurs d'école, l'accueil est aussi assez froid. D'une même voix, leurs trois associations ont déploré elles aussi le manque de moyens accompagnant ce plan d'action. «On a des réserves», affirme Yvan Ouellet, président de l'Association du personnel de direction des écoles. «Est-ce que tout ça va se traduire par des changements concrets?»
La Fédération des commissions scolaires et celle des comités de parents se sont toutefois montrées plus positives, se réjouissant des mesures annoncées.
La note de passage
De son côté, Égide Royer, professeur en adaptation scolaire à l'Université Laval, accorde à la ministre Courchesne la note de passage, et même un peu plus. Son plan comprend de bonnes mesures, mais il craint toutefois que l'antidote ne soit pas assez fort. «La potion magique n'est pas si mal, reste à voir si la magie va opérer», résume-t-il.
À l'Assemblée nationale aussi, les réactions sont partagées. Le Parti québécois est déçu et sceptique. «Nous avions besoin d'un plan nettement plus ambitieux que ce qui nous est proposé. Le coup de barre attendu n'a pas eu lieu», a déploré le député péquiste Pierre Curzi, porte-parole en matière d'éducation.
De son côté, l'Action démocratique a accueilli favorablement ce plan d'action, soulignant toutefois que la ministre Courchesne s'est montrée peu loquace sur les moyens à prendre pour atteindre ses objectifs.














