Quatre questions à la ministre Courchesne

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Quatre questions à la ministre Courchesne

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La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne

La Presse, Martin Chamberland

Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Le Soleil s'est entretenu mercredi avec la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne. Voici des extraits de cette entrevue.

Q  Au cours des 20 dernières années, plusieurs plans d'action ont été déposés pour lutter contre le décrochage scolaire. Pourquoi cette fois-ci serait-elle la bonne?

R  On a oublié de faire des suivis. On a oublié de se donner des objectifs mesurables et le pouvoir de se réajuster. Je crois que présentement, il y a une meilleure mobilisation et une meilleure sensibilisation. Et depuis le printemps dernier, j'ai senti au niveau des commissions scolaires une volonté de se parler et de mettre ensemble les professeurs, les directeurs et les professionnels. C'est un milieu qui doit revoir en profondeur ses façons d'aborder les enjeux et les problématiques.

Q  Au milieu des années 90, à la suite des États généraux sur l'éducation, la cible était d'atteindre un taux de diplomation de 85 % d'ici 2010. Pourquoi ne pas avoir visé plus haut?

R  On aurait pu viser plus haut. La raison pour laquelle je ne l'ai pas fait, c'est que dans la très grande région de Montréal, on a des défis très grands liés à des problèmes sociaux et familiaux, à l'immigration... On est devant des situations beaucoup plus difficiles qu'il y a 10 ou 12 ans et on doit en tenir compte.

Q  Des critiques ont rapidement été émises mercredi par des représentants du milieu scolaire. On vous reproche d'avoir présenté un plan fait de mesures «réchauffées». Qu'est-ce qui est nouveau dans votre plan d'action?

R  D'abord, la réduction de la taille des classes, c'est majeur. Je ne m'attendais pas à ce que les syndicats applaudissent... Le discours corporatiste, je veux bien, mais parlez à des enseignants, ils vont vous dire que passer de 29 à 26 élèves dans une classe, c'est énorme. À cela, il faut ajouter le plan pour les élèves en difficulté, on a encore beaucoup d'actions à faire à ce niveau-là. Il y a encore beaucoup de classes où il y a trop d'enfants en difficulté. Je n'ai pas fini de travailler là-dessus.

Q  Vous avez décidé d'exiger des cibles de réussite pour chacune des commissions scolaires. Qu'est-ce qui va arriver aux écoles et aux commissions scolaires qui n'arriveront pas à atteindre les objectifs fixés?

R  Il va falloir qu'on apporte des ajustements, qu'on comprenne pourquoi, et que la commission scolaire se donne les moyens d'y arriver. La sanction, ce sera celle de la reddition publique. Il y aura le regard très inquiet des parents et le regard très sévère de la ministre. Il y a déjà beaucoup, beaucoup d'argent dans le système?: 2?milliards?$ par année pour les élèves en difficulté et au moins 1?milliard?$ par année pour la persévérance scolaire. Il faut apprendre à faire autrement.

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