Cours d'éthique et de culture religieuse: les évêques exigent des correctifs

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Depuis un an, les évêques ont recueilli des commentaires dans leurs paroisses. Un comité a quant à lui épluché le contenu des manuels approuvés par le ministère de l'Éducation.

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Anne Drolet
Le Soleil

(Québec) Un an après l'implantation du cours d'éthique et de culture religieuse, les évêques catholiques du Québec se disent «inquiets» et affirment que de «sérieux correctifs s'imposent». Ils jugent que les parents sont mal informés, que la formation des enseignants est insuffisante et que le contenu de certains manuels s'avère inadéquat.

Réunie à Trois-Rivières, l'Assemblée des évêques catholiques a tracé hier le bilan de ce cours controversé. Il y a 18 mois, elle avait indiqué qu'elle ferait preuve d'ouverture envers ce nouvel enseignement, mais qu'elle resterait vigilante. Depuis un an, les évêques ont recueilli des commentaires dans leurs paroisses. Un comité a quant à lui épluché le contenu des manuels approuvés par le ministère de l'Éducation.

«Les parents consultés ont souvent déploré leur ignorance de ce qui se passe en classe», peut-on lire dans la lettre du président, Mgr Martin Veillette, transmise à la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne. L'évêque de Trois-Rivières souligne aussi que le mouvement de contestation de certains parents, qui demandent l'exemption, ne peut être ignoré.

Les évêques constatent que les enseignants qu'ils ont consultés semblent plutôt satisfaits du cours et qu'ils observent l'intérêt des enfants, surtout pour le volet éthique. Les professeurs seraient plus à l'aise avec cette partie du cours, mais se sentiraient moins outillés pour enseigner la culture religieuse. «Malgré les mesures prises à ce jour, la formation demeure largement insuffisante», écrit Mgr Veillette.

Les manuels critiqués

L'Assemblée se montre aussi critique envers les manuels approuvés par le ministère. Les 14 livres testés par des experts (indépendants et du milieu de l'éducation, précise Mgr Veillette) seraient de qualité inégale. Certains manuels accorderaient au christianisme une place semblable aux autres religions, alors que «son importance historique et culturelle» doit être «particulièrement soulignée», selon les buts énoncés par le ministère, indique Mgr Veillette.

Dans le cas de certains cahiers d'exercice, l'évêque parle même de «dérapage». Il donne l'exemple d'une question où l'on demande au jeune de s'inventer une religion. «Est-ce un bon exercice à faire avec un jeune? Les gens qui sont un peu expérimentés dans le domaine nous disent que non.»

Au cabinet de la ministre Courchesne, la porte-parole Kim Ledoux affirme que le ministère a fait son boulot. «La ministre constate que le cours d'éthique et de culture religieuse dans son ensemble a été bien reçu dans les classes au Québec», souligne

Mme Ledoux. Les parents ont été informés par des documents et le ministère a fait une tournée en 2008 pour les rencontrer. Elle note que le ministère a mis sur la table 3,5 millions $ pour assurer la formation de personnes-ressources.

«Ça fait 400 personnes qui sont disponibles partout au Québec pour former les enseignants qui désirent du soutien dans leur enseignement», précise-t-elle. Finalement, elle allègue qu'il y a prépondérance de la tradition chrétienne dans le matériel didactique approuvé.

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