«Nos étudiants devraient d'abord servir à contribuer au développement de la société québécoise plutôt que d'aller faire des guerres d'occupation en Afghanistan», a affirmé le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Xavier Lefebvre-Boucher, lors de la conférence de presse tenue dimanche matin par la nouvelle Coalition contre le recrutement militaire dans les établissements d'enseignement du Québec.
Ce nouveau regroupement dénonce ce qu'elle estime être la plus grande campagne de recrutement militaire depuis la Deuxième Guerre mondiale. Ainsi, selon elle, la campagne des Forces armées canadiennes vise particulièrement les étudiants des milieux défavorisés, plus sensibles aux conditions salariales avantageuses qu'offre l'armée.
Situation précaire de certains étudiants
Selon le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Xavier Lefebvre-Boucher, l'Armée canadienne profite de la situation précaire des certains étudiants pour atteindre leurs objectifs de recrutement d'augmenter les effectifs de l'armée de près de 20% en cinq ans.
Le président de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep affiliés à la CSQ (FEC-CSQ), Mario Beauchemin, abonde dans le même sens. «On voit qu'ils tentent de profiter d'une situation socio-économique défavorable pour attirer ces jeunes-là en leur donnant de l'information sur les salaires qu'ils pourraient avoir, sur le fait qu'ils pourraient payer la moitié ou l'ensemble des frais de scolarité, et cela, éthiquement parlant, c'est très douteux», a-t-il renchéri.
La CSQ mène d'ailleurs depuis 2006 une campagne intitulée «Faites l'école, pas la guerre!» visant à informer les jeunes des risques encourus en joignant l'armée.
Le porte-parole du Centre des ressources sur la non-violence, Alexandre Vidal, affirme que cette opposition représente une manifestation plus générale à la guerre en Afghanistan qui est extrêmement impopulaire au Québec. «Il est tout à fait naturel de voir les étudiants et les enseignants sortir publiquement et refuser que leurs établissements soient exploités par l'armée pour leur campagne de recrutement, pour leur campagne de propagande, littéralement» a souligné M. Vidal.
Campagnes trompeuses
M. Beauchemin estime également que ces campagnes de recrutement sont trompeuses puisque les militaires font la promotion de missions humanitaires alors qu'il s'agit plutôt de missions offensives. «Il serait d'autant plus important, soutient-il, de faire toute la lumière sur les risques qui attendent les nouvelles recrues.»
La vice-présidente de la Fédération nationale des enseignants et des enseignantes du Québec (FNEEQ-CSN), Micheline Thibodeau, a quant à elle affirmé que la majorité des syndicats affiliés à la FNEEQ avaient demandé une intervention publique pour dénoncer cette campagne de recrutement.
Les syndicats souhaitent aussi que des pressions soient faites auprès du ministère de l'Éducation et des associations patronales pour que cesse le recrutement sur tous les campus québécois.
La nouvelle coalition est formée du Centre des ressources sur la non-violence, de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSDE) et de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).










