Les commissions scolaires pour la hausse du salaire des profs

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Les commissions scolaires précisent que cette position est liée à d'autres demandes concernant l'organisation du travail, afin d'assurer une plus grande stabilité dans les écoles.

Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Hausser les salaires des profs pour redonner du lustre à la profession d'enseignant? L'idée n'est pas nouvelle. Sauf que cette fois-ci, ce sont les commissions scolaires qui la mettent sur la table.

Dans le milieu de l'éducation, le constat fait l'unanimité: l'étoile de l'enseignant a pâli au cours des dernières années et il faut tout faire pour lui redonner de l'éclat. La pénurie est bien réelle, et les universités peinent à recruter de futurs profs. Selon la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), une des façons de redorer le blason de la profession est de hausser les salaires. «C'est la première fois que la Fédération s'avance là-dessus, indique sa présidente, Josée Bouchard. La revalorisation des enseignants passe par un rehaussement de la rémunération. Dans le contexte actuel, il faut faire quelque chose. Le recrutement est devenu vraiment difficile.»

Les commissions scolaires - qui emploient quelque 76 000 enseignants à travers le Québec - précisent toutefois que cette position est liée à d'autres demandes concernant l'organisation du travail, afin d'assurer une plus grande stabilité dans les écoles. Ces déclarations surviennent dans un contexte de prénégociation puisque la convention collective des enseignants arrive à échéance à la fin de mars 2010.

La FCSQ ne va toutefois pas jusqu'à préciser de quel ordre devrait être cette hausse salariale, la négociation de la rémunération relevant du Conseil du trésor et non des commissions scolaires. Selon un document du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), les enseignants québécois sont moins bien payés que leurs collègues des autres provinces canadiennes.

Même si Québec envisage des hausses de tarifs pour renflouer les coffres de l'État, Mme Bouchard estime qu'il s'agit d'une position réaliste, malgré le contexte actuel. «Pour un gouvernement, il n'y a jamais de temps idéal. On a une problématique très concrète et réelle. C'est dans l'intérêt de notre système public d'éducation.»

De leur côté, les enseignants accueillent ces déclarations avec prudence. «On est bien conscient que ce n'est pas gratuit et anodin. La valorisation de la profession, c'est beaucoup plus que le salaire. Ça commence aussi par un changement d'attitude de la part des commissions scolaires. Les conditions salariales ne règlent pas tout», affirme Manon Bernard, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement.

De son côté, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a fait savoir mercredi par la voix de son attachée de presse qu'elle ferait connaître en temps et lieu ses positions en vue de la prochaine négociation.

Salaires moyens des enseignants

>> 54 729 $ au Québec

>> 68 299 $ dans le reste du Canada

>> 60 464 $  dans les provinces de l'Atlantique

>> 63 086 $ aux États-Unis

Source : Indicateurs de l'éducation 2009 (MELS)

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