M. Perron s'intéresse au décrochage scolaire depuis des années. Professeur à l'Université du Québec à Chicoutimi, il est le cofondateur du CREPAS, le Conseil régional de prévention de l'abandon scolaire, au Saguenay?Lac-Saint-Jean. Récemment, il a décortiqué les plus récentes données sur le taux de diplomation pour chacune des MRC de la province, en déterminant combien d'élèves du secondaire ont obtenu un diplôme après sept ans.
Résultat: Lévis arrive au premier rang concernant la diplomation des garçons, avec un taux de 74,8 %. «C'est vraiment une performance remarquable», lance M. Perron, qui était de passage à Québec jeudi à l'occasion d'un colloque sur le décrochage scolaire organisé par la Fondation de l'entrepreneurship.
Lorsqu'on ajoute les filles à l'équation, la MRC de Lévis arrive au deuxième rang derrière Rivière-du-Loup. Ces deux MRC sont d'ailleurs les seules au Québec à avoir déjà atteint un taux de diplomation supérieur à 80 %, soit l'objectif fixé par la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, dans son plan d'action pour lutter contre le décrochage scolaire.
«Pourquoi Lévis et Rivière-du-Loup? Je ne le sais pas encore, lance M. Perron. Il va falloir affiner mes recherches.»
Distinction des genres
Cet expert est par ailleurs de plus en plus convaincu qu'il faut cibler les garçons pour renverser la tendance. «J'ai toujours parlé du décrochage de façon générale, sans distinction de genre. Mais en regardant les chiffres, je commence à me dire que le décrochage des garçons, c'est colossal. C'est vraiment ce à quoi il faut s'attaquer.»
Dans la région de Québec, deux autres MRC ont des taux de diplomation chez les garçons qui oscillent entre 70 % et 80 % : Québec et la Côte-de-Beaupré. En Beauce, les MRC de la Nouvelle-Beauce et des Etchemins se situent aussi au même niveau. En fait, on retrouve seulement 10 MRC dans cette catégorie dans toute la province, sur un total de 103. Dans les rangs des filles, 43 MRC affichent un taux de diplomation supérieur à 80 %.
Québec peut faire plus
Les statistiques permettent d'en apprendre beaucoup, mais tout dépend de par quel bout de la lorgnette on les observe. La Capitale-Nationale arrive au deuxième rang des régions de la province pour son taux de diplomation après sept ans. Mais quand on mesure l'écart avec le taux de diplomation en cinq ans, Québec se retrouve plutôt... au bas de l'échelle.
Après cinq ans, 66,2 % des jeunes de la région obtiennent un diplôme. Lorsqu'on leur donne deux ans de plus, 76,4 % y arrivent. L'écart de 10,2 % est le plus faible de la province. À l'inverse, la région du Saguenay?Lac-Saint-Jean est celle qui arrive à en «réchapper» le plus au cours de ces deux ans supplémentaires, avec un ajout de 15,7 %.
Une différence significative, selon M. Perron. «La Capitale-Nationale est la région qui fait le moins de gains pendant cette période. C'est là où il y a des efforts à faire.» Le défi est de parvenir à diplômer davantage de jeunes en difficulté qui ont accumulé une ou deux années de retard à l'école.











