C'est ce qu'entend marteler la Fédération des commissions scolaires (FCSQ) au cours des prochaines semaines. «On ne lâchera pas le morceau. Avec la nouvelle loi, beaucoup de choses ont changé. Les commissaires sont sous-payés et c'est encore plus vrai maintenant», affirme sa présidente, Josée Bouchard.
Avec l'entrée en vigueur de la loi 88, qui modifie la gouvernance des commissions scolaires, le rôle des élus a été revu. Depuis juillet, les mécanismes de reddition de compte doivent être renforcés, de nouveaux comités seront créés et des ententes de partenariat verront le jour entre les écoles et le ministère de l'Éducation. Les fonctions du président de la commission scolaire ont pris de l'ampleur.
Convaincue qu'il est grand temps de bonifier le salaire de ses membres, la Fédération a réalisé une étude comparant la rémunération des commissaires à celle des élus municipaux. Le salaire de base d'un commissaire varie en moyenne entre 4700 $ et 14 000 $, selon le nombre d'élèves, alors que celui d'un conseiller municipal oscille en moyenne entre 14 000 $ et 23 800 $, pour des municipalités de grandeur comparable.
Armée de cette étude, la FCSQ entend convaincre la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, qu'il est temps de majorer le chèque de paye des élus scolaires, même si le Québec nage en plein déficit.
«Il n'y aura jamais de bon moment, affirme Mme Bouchard. La valorisation de la démocratie scolaire passe aussi par la rémunération. C'est important pour augmenter le pouvoir d'attraction et convaincre les gens de s'engager.» Les difficultés de recrutement varient selon les milieux, mais la plupart des chaises sont comblées pour l'instant, reconnaît toutefois Mme Bouchard.
Selon la Fédération, le travail des commissaires d'école est méconnu de la population. «La fonction de président de commission scolaire, c'est un emploi à temps plein, affirme-t-elle. Pour l'instant, la rémunération maximale des présidents oscille en moyenne entre 19 500 $ et 81 000 $, bien en dessous de la rémunération minimale des maires, toujours pour des territoires comparables.
«On ne veut pas la parité, on veut l'équité», ajoute Josée Bouchard, qui réclame aussi des assurances collectives et un régime de retraite pour les élus scolaires.
Au cabinet de la ministre Courchesne, on ne promet rien pour l'instant. Au ministère, «un chantier est en cours sur la démocratie scolaire, mais il est trop tôt pour s'avancer», a affirmé son attaché de presse, Cédrick Beauregard.











