L'histoire, à quoi ça sert?

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Plus de 85?% des élèves de deuxième secondaire... (Photothèque Le Soleil)

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Plus de 85?% des élèves de deuxième secondaire jugent que le français et les maths leur seront utiles, contre 51?% pour l'histoire.

Photothèque Le Soleil

Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Décidément, la Grèce antique, le Moyen-Âge et la Renaissance n'ont pas la cote parmi les élèves du secondaire. Deux jeu­nes sur trois ne sont pas intéressés par l'histoire, alors que la moitié n'en voient tout simplement pas l'utilité.

Voilà quelques constats que l'on peut tirer d'un vaste projet d'évaluation de la réforme, mené par l'équipe du professeur Simon Larose de l'Université Laval. Le projet ERES - pour Évaluation du renouveau à l'enseignement secondaire - a vu le jour à la demande du ministère de l'Éducation et se déroulera jusqu'en 2012.

Pour ce projet, 1313 élèves de deuxième secondaire ont été interrogés sur leur intérêt envers différentes matières. Résultat?: 49 % des élèves se disent intéressés par la lecture, 40?% par les sciences et seulement 30?% par l'histoire. Les filles sont plus intéressées par les romans alors que les garçons ont un penchant plus prononcé pour les manuels d'histoire. Quant aux sciences, on ne remarque aucune différence entre filles et garçons, peut-on lire dans le dernier bulletin rédigé par l'équipe de M. Larose.

On a aussi demandé à ces élèves si ce qu'ils apprennent dans leurs cours leur servira «dans leur vie d'adulte». À cet énoncé, plus de 85?% répondent par l'affirmative à propos du français et des mathématiques, alors qu'à peine 51?% estiment que l'histoire leur sera utile. Dans ce cas, les filles perçoivent davantage la pertinence de ces trois cours que les garçons.

Sans comparaison

Il n'existe toutefois pas de données comparables qui permettraient d'affirmer que tout est de la faute de la réforme. «Bien qu'il soit tentant d'affirmer que ces différences s'expliquent par les changements apportés dans le nouveau curriculum du programme d'histoire, les résultats ne permettent en aucun temps d'affirmer que la situation ait été différente avant l'instauration de ces changements», peut-on lire dans le bulletin.

De son côté, le président de la Société des professeurs d'histoire du Québec, Laurent Lamontagne, n'est pas très surpris des résultats. La situation peut difficilement s'améliorer avec les années, affirme-t-il. «Si ça ne les intéresse pas en deuxième secondaire, je ne vois pas comment ça pourrait les intéresser davantage en troisième ou quatrième secondaire», lance-t-il.

M. Lamontagne rappelle d'ailleurs que les programmes d'histoire ont bien changé depuis l'arrivée de la réforme. «L'histoire elle-même, comme vous et moi l'avons connue, peut-être que ça intéressait plus les jeunes. Aujourd'hui, on ne fait plus de l'histoire de la même façon. On fait de l'histoire d'abord et avant tout en développant des compétences», rappelle ce professeur qui cumule 27 ans d'expérience.

Des changements doivent être apportés «du primaire à l'université», ajoute M. Lamontagne, qui fait aussi partie de la Coalition pour la promotion de l'enseignement de l'histoire au Québec, créée à la fin août. Ce regroupement dénonce les changements apportés à l'enseignement de l'histoire, tant pour ce qui est du contenu que du nombre d'heures qui y est consacré, jugé nettement insuffisant.

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