Les rectifications comprises dans la nouvelle orthographe concernent environ 2000 mots sur les 60 000 que compte la langue française. Ces modifications, qui ont reçu le feu vert de l'Office québécois de la langue française il y a déjà cinq ans, sont acceptées par le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport depuis 2007. Cette directive a récemment été officialisée, comme l'a rapporté le Journal de Québec cette semaine.
De son côté, l'Université Laval a emboîté le pas il y a quelques années. «À partir du moment où la nouvelle orthographe était acceptée par l'Office québécois de la langue française, ça allait de soi», explique Renée-Lise Roy, conseillère pédagogique en français et coordonnatrice du centre d'évaluation à l'École des langues de l'Université Laval. Selon ces nouvelles règles, il est tout à fait correct d'écrire boite, traitre ou gout dépourvus de leur traditionnel accent circonflexe, par exemple.
Résultats semblables
Chaque année, environ 3000 étudiants de l'Université Laval doivent se soumettre à un examen de français, s'ils arrivent de l'étranger ou s'ils sont inscrits au baccalauréat en enseignement.
«Mais la nouvelle orthographe ne change pas grand-chose à leurs résultats, assure Mme Roy. Les modifications ne touchent que quelques difficultés orthographiques qui n'avaient plus leur place.»
Par ailleurs, même si la nouvelle orthographe est reconnue par le ministère de l'Éducation, ses rectifications ne sont toujours pas officiellement enseignées au primaire et au secondaire, puisqu'elles ne font pas partie des programmes de français.
«Au ministère, on reste toujours évasif à ce sujet», déplore Suzanne Richard, présidente de l'Association québécoise des professeurs de français. Il est paradoxal d'accepter les rectifications de la nouvelle orthographe sans les enseigner, souligne Mme Richard. Ainsi, les élèves peuvent écrire nénufar, ognon, exéma, renouvèlement et combattivité sans faire de fautes... mais aussi sans savoir que ces graphies sont dorénavant acceptées.
















