La commission scolaire des Premières-Seigneuries (CSPS) attend depuis des mois le feu vert lui permettant d'ouvrir une école d'horticulture dans la serre indo-australienne de l'ancien Jardin zoologique, qui a fermé ses portes il y a trois ans.
L'ouverture de l'école avait d'abord été espérée pour l'automne 2009, mais le ministère de l'Éducation a demandé davantage de précisions dans ce dossier, ce qui a ralenti le processus. Les dernières données ont été transmises par la commission scolaire en mars, qui espérait alors inaugurer la nouvelle école à l'automne 2010. Mais depuis, plus rien.
Or le temps file et il est maintenant trop tard pour espérer une ouverture pour l'an prochain. Au rythme où vont les choses, la nouvelle école ne verra pas le jour avant 2011, indique Jean-François Parent, secrétaire général de la CSPS. «C'est trop tard pour l'automne prochain. Il y a des travaux à faire, des processus d'appels d'offres à respecter...»
D'autant plus qu'au cabinet de la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, on ne peut garantir qu'une décision sera prise d'ici Noël. «On veut vraiment s'assurer de choisir ce qui répond le mieux aux besoins de la région de la Capitale-Nationale. Tout est encore en analyse, c'est un dossier volumineux», s'est contenté de répondre Tamara Davis, attachée de presse de la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne.
De son côté, la commission scolaire doit composer tant bien que mal avec ce retard. «Sur le plan de la croissance de certains programmes en formation professionnelle, ça nous limite», explique M. Parent. La CSPS aimerait libérer des locaux dans le centre Fierbourg, où est actuellement offerte la formation en horticulture, pour accueillir davantage d'élèves dans ses programmes de santé où «les besoins sont si importants», souligne M. Parent.
Au ministère de l'Éducation, trois scénarios sont à l'étude : construire un nouveau bâtiment, agrandir le centre Fierbourg ou transformer la serre indo-australienne en école d'horticulture, une métamorphose évaluée à 8,7 millions $.
De son côté, le ministre responsable de la Capitale-Nationale, Sam Hamad, a confirmé mercredi que son gouvernement ne sait toujours pas ce qu'il fera de l'ancien Jardin zoologique.
«Tout est sur la table, nous cherchons la solution qui sera la plus viable, a-t-il affirmé en marge d'un point de presse. Ce n'est pas encore réglé avec la commission scolaire pour l'école d'horticulture. La Ville de Québec aurait aussi des idées. Nous ne ferons rien de précipité, mais il n'est pas question de céder les terrains à des promoteurs privés. La vocation demeurera récréative et touristique.»
Dans les rangs de l'opposition, la députée péquiste Agnès Maltais n'a pas mâché ses mots pour dénoncer la situation. «Je suis gênée pour le gouvernement et surtout en colère pour les citoyens à qui on a menti en pleine face en leur disant qu'on ferait une école d'horticulture. On a fermé le Jardin zoologique sans qu'il y ait de projet alternatif. Et les coûts sont astronomiques», a-t-elle lancé.
La serre indo-australienne, construite entre 2001 et 2003, a coûté environ 15 millions $ et la facture pourrait être acquittée seulement en... 2023.
Avec la collaboration d'Yves Therrien

















