Géographie de la malbouffe: une bataille perdue d'avance?

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Ian Bussières
Le Soleil

(Québec) Les auteurs de l'analyse géographique de l'accessibilité des restaurants-minute et des dépanneurs autour des écoles publiques québécoises s'inquiètent des conséquences de la proximité de ces établissements sur les habitudes alimentaires des élèves.

«Est-ce que la forte accessibilité des écoles publiques du Québec à des restaurants-minute, mais surtout des dépanneurs, peut contrer les efforts reliés à la mise en oeuvre de la politique alimentaire à l'intérieure de celles-ci? Est-ce que l'accessibilité à ce type de commerces d'alimentation a une influence sur les habitudes alimentaires des jeunes? Est-ce que nous devrions mettre en place des politiques afin de restreindre l'accessibilité de ces commerces aux élèves québécois?» s'interrogent les chercheurs.

Ils ajoutent que les résultats de quelques études montrent déjà que les intervenants scolaires voient les préférences alimentaires des jeunes comme un obstacle à l'implantation et à la pérennité des interventions de promotion de saines habitudes de vie.

Ils précisent toutefois que les divers travaux tentant de mesurer les associations entre la proximité de ces commerces des écoles et les habitudes alimentaires ou le poids corporel des élèves donnent des résultats fort différents, certains arrivant à la conclusion qu'il n'y a aucune conséquence alors que d'autres soulignent un risque plus élevé de voir les élèves souffrir d'embonpoint.

Les auteurs suggèrent d'ailleurs de s'attarder aux liens entre la proximité de ces commerces d'alimentation des écoles, les caractéristiques des élèves et leurs habitudes alimentaires dans de futures recherches. «Des analyses plus poussées concernant la proportion d'élèves utilisant ces commerces devront toutefois être réalisées afin de mieux estimer l'impact de ces commerces sur les habitudes alimentaires des jeunes», indiquent-ils en conclusion.

Ils ajoutent également qu'il est plus facile pour les municipalités américaines que pour leurs homologues québécoises de légiférer afin de limiter la présence de certains commerces d'alimentation à proximité des écoles.

Au Québec, Baie-Saint-Paul, Gatineau et Lavaltrie participent actuellement à un projet-pilote lancé en mars par la Coalition sur la problématique du poids et visant à limiter ou à interdire la malbouffe près des écoles en utilisant le zonage.

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