À la lumière des résultats de cette étude, la Table provinciale de concertation sur la violence et l'Observatoire canadien pour la prévention de la violence à l'école ont élaboré un modèle d'entente pour formaliser la collaboration avec les policiers. Les directeurs d'école seront encouragés à l'utiliser pour resserrer les liens avec la police.
Selon l'enquête réalisée auprès de près de 800 directeurs d'école à travers la province, 86 % d'entre eux sont satisfaits des ententes informelles avec le service de police. Mais le niveau de satisfaction est encore plus élevé (97 %) lorsque les ententes sont officielles. «C'est important de formaliser les choses pour que chacun y trouve son compte», indique Mme Beaumont.
La présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement, Chantal Longpré, est du même avis. «Il faut que ça devienne indispensable. C'est tout à fait souhaitable qu'il y ait une plus grande collaboration et davantage d'ententes.» Ce modèle d'entente devrait aussi permettre de simplifier la collaboration, espère la table de concertation. Près du tiers des directions d'école (28 %) considèrent que les partenariats avec les services policiers sont généralement compliqués à mettre sur pied.
Quelques réserves
Du côté des enseignants et des professionnels qui travaillent dans le réseau scolaire, on émet quelques réserves quant à la présence policière dans les écoles. La Centrale des syndicats de l'enseignement (CSQ), qui les représente, a appuyé les démarches de la table de concertation, mais insiste pour dire que l'important n'est pas d'augmenter la présence policière, mais surtout de mieux l'encadrer.
«Il ne faut pas que les policiers entrent dans une école comme ils entrent dans une prison», affirme son président, Réjean Parent. «On reconnaît qu'il peut y avoir des bénéfices à une présence policière et une entente formelle permet de baliser les interventions.»
Au Centre psychopédagogique de Québec, qui accueille uniquement des élèves en difficulté de comportement et d'apprentissage, la collaboration régulière avec les policiers a fait toute la différence, explique son directeur, Jean-Marie Guay.
«Pour nous, c'est une bénédiction. C'est sûr qu'on a régulièrement des élèves qui sont confrontés au système judiciaire. Mais la présence policière a aussi un effet de prévention. Et quand un jeune se plaint de taxage, la policière [...] peut tout de suite rencontrer les jeunes concernés et désamorcer la situation. Ça permet aussi de changer la perception qu'ont les jeunes des policiers.»











