La faculté des sciences de l'administra?tion offre déjà depuis 2007 des cours de formation générale en anglais. Tous les cours obligatoires - qui représentent la moitié de la formation - sont offerts dans la langue de Shakespeare. Mais l'Université fait désormais un pas de plus en offrant une nouvelle formule qui s'adresse spécifiquement aux étudiants du Canada anglais.
«On veut exploiter un nouveau marché», lance Robert W. Mantha, doyen de la faculté.
Les étudiants anglophones pourront compter sur une année préparatoire pour faciliter le passage du secondaire à l'université tout en améliorant leurs compétences en français. Les cours de formation générale seront offerts en partenariat avec le Cégep Champlain-St.Lawrence et les cours de français, avec l'École de langue de l'Université Laval. Ils pourront par la suite suivre la moitié des cours de leur baccalauréat en anglais et l'autre moitié, en français.
«On a un certain avantage sur nos amis à l'autre bout de la 20», affirme M. Mantha, en référant aux universités montréalaises. «Un étudiant anglophone a beaucoup plus de chances d'apprendre le français en venant étudier à Québec qu'à Montréal. Avec cette formule, on facilite leur venue.»
D'ici un an, M. Mantha espère accueillir de 30 à 40 étudiants anglophones.
Campagne de promotion
Pour faire connaître ce nouveau programme bilingue, l'Université Laval s'est lancée dans une campagne de promotion. Pendant la Coupe Vanier, qui s'est déroulée fin novembre sur le campus, des publicités ont été diffusées sur la chaîne de télévision TSN (l'équivalent du Réseau des Sports au Canada anglais) misant principalement sur le football. L'automne dernier, des présentations ont aussi été faites dans des écoles secondaires du sud de l'Ontario.
«L'Université Laval est connue par les élèves qui s'intéressent au football étudiant. Ils trouvent le programme intéressant parce qu'avec cette formule, c'est plus réaliste pour eux», explique M. Mantha.
La faculté des sciences de l'administration poursuivra son offensive au cours des prochains mois, en ciblant aussi les jeunes qui participent déjà à des programmes d'immersion française.
De son côté, Justin Morrow, un ancien joueur de football du Rouge et Or originaire de l'Ontario, est convaincu que la formule plaira à plusieurs anglophones. «Avec l'année préparatoire, c'est tout à fait faisable. Moi, je n'ai pas eu cette formule et j'ai trouvé ça vraiment difficile au début, parce que je ne parlais pas un mot de français. Mais venir étudier à l'Université Laval a été une des meilleures décisions que j'ai prises dans ma vie», affirme celui qui travaille présentement à démarrer un regroupement étudiant pour promouvoir le bilinguisme.











