Le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) aura recours aux services d'une firme privée dès juin 2010, a indiqué hier son porte-parole, Pierre Noël. Un appel d'offres a été lancé le 21 janvier, chiffrant à 5 millions $ le montant maximum pouvant être alloué à la réalisation de ce mandat.
Le MELS demeurera responsable de la conception des examens, de leurs grilles de correction et de l'embauche des superviseurs, qui chapeauteront les correcteurs embauchés par la firme privée. Les correcteurs qui révisent l'épreuve uniforme de français au collégial ne sont pas touchés «pour l'instant».
«Il devenait de plus en plus difficile de maintenir l'efficacité du processus de correction dans un contexte où il fallait embaucher annuellement 150 personnes dans un court laps de temps», a expliqué hier M. Noël. Le porte-parole souligne par ailleurs que l'orientation du gouvernement Charest visant à réduire la taille de la fonction publique incite tous les secteurs à revoir leurs pratiques.
Peu d'économies
Jeudi soir, des représentants du MELS ont rencontré les correcteurs dans un hôtel de Québec pour leur annoncer la nouvelle. Claudine Moquin, qui a assisté à la rencontre, s'étonne des problèmes de recrutement évoqués hier par le Ministère. «Je suis un peu surprise, je suis dans la banque de correctrices pour le secondaire et on ne m'a pas appelée pour vérifier si j'étais disponible», dit-elle.
Pour Mme Moquin, cette décision n'est que de la poudre lancée aux yeux des contribuables. «Ils nous ont dit qu'ils avaient des pressions pour faire baisser la masse salariale. Mais j'ai l'impression qu'ils vont juste faire un changement de postes budgétaires. On nous a clairement dit qu'ils ne pensaient pas faire de grosses économies avec ça. L'argent dépensé va être à peu près le même, sauf qu'on va réduire la taille de la fonction publique. Je trouve ça malhonnête. Ça ressemble à une fumisterie. Et on ne doit pas être les seuls à vivre ça», laisse-t-elle tomber.
Le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec, qui représente les correcteurs, dénonce aussi la situation. C'est toutefois Le Soleil qui a informé son président, Gilles Dussault, de la décision du Ministère. «Si on veut garder la même qualité de correction, il va falloir que la firme engage des personnes d'expertise comparable et il n'y en a pas des millions. Les mêmes personnes risquent d'être engagées par la firme privée et ça va coûter plus cher encore parce que la firme va se prendre une cote là-dessus.»
Les 150 correcteurs concernés, dont la moitié environ habitent Québec, étaient embauchés pour une période d'environ 50 jours par année, a précisé le MELS.











