C'est ce qu'a indiqué jeudi la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, lors d'un entretien avec Le Soleil. Il faut «qu'on se comprenne et qu'on ait des évaluations comparables. Je pense que cette uniformité est importante pour s'assurer d'avoir la même compréhension de l'évaluation, c'est superimportant. Si on veut revaloriser le système d'éducation public, il faut qu'on se donne les mêmes standards d'évaluation partout», a-t-elle affirmé.
Présentement, ce sont les commissions scolaires qui sont responsables de l'élaboration des bulletins. Dans certains cas, les bulletins peuvent même varier d'une école à l'autre, confirme la ministre.
«J'ai un seul objectif : déployer tous les moyens requis pour favoriser la réussite scolaire, poursuit-elle. Et je pense que le bulletin unique atteint deux objectifs: ça permet aux élèves de bien mesurer leurs forces et leurs faiblesses et de savoir où ils en sont dans leur parcours académique. Ça permet aussi aux parents de comprendre. Si on veut que les parents fassent véritablement équipe avec l'école et les enseignants, il faut qu'ils comprennent.»
Il est encore trop tôt pour savoir si le ministère introduira un bulletin uniforme pour chaque année ou pour chaque cycle du primaire et du secondaire. «On est en train de finaliser la façon dont ça va se faire, on est encore un peu en consultation, indique Mme Courchesne. Mais ça risque de ressembler au modèle développé à la commission scolaire de Montréal. On a suivi ça de près.»
Connaissances
La commission scolaire de Montréal (CSDM) a pris les devants en modifiant l'évaluation des élèves sans attendre les directives du Ministère. Grâce à une entente conclue avec le syndicat des enseignants, le bulletin fera désormais une grande place à l'évaluation des connaissances, jusqu'ici éclipsée par l'évaluation des compétences. L'évaluation des fameuses «compétences transversales», un concept-clé de la réforme, sera carrément abandonnée.
Le bulletin national, imposé dès l'automne, sera basé sur les mêmes principes, indique Mme Courchesne. L'évaluation des compétences sera dorénavant complémentaire. «C'est important pour moi que l'enseignant puisse indiquer aux parents si l'enfant a développé sa capacité d'analyser ou s'il est capable de bien structurer sa pensée. Ça va se traduire dans des commentaires, comme complément d'information», explique-t-elle.
Si le ministère de l'Éducation a tardé avant d'apporter ces changements aux bulletins, c'est qu'il fallait d'abord réécrire les programmes afin de préciser ce que les élèves doivent apprendre et dans quel ordre les apprentissages doivent être faits, ajoute-t-elle. «Si on veut être capable d'évaluer de façon uniforme, il faut être capable de s'entendre sur la hiérarchie de ce qui doit être enseigné. Et on l'a fait pour toutes les matières, au primaire et au secondaire.»
Le bulletin a déjà subi un lifting important à l'automne 2007, lorsque le Ministère a décidé de laisser tomber les lettres au pro-fit des pourcentages et des moyennes de groupe. Mais plusieurs commissions scolaires avaient continué d'évaluer leurs élèves en lettres et utilisaient une table de conversion leur permettant de traduire ensuite le résultat en chiffres, dans le bulletin.
Une méthode que la ministre Courchesne veut voir disparaître. «Des échelles de conversion, je n'en veux plus!» a-t-elle lancé. Toutes les évaluations se feront désormais en chiffres et la note finale correspondra au cumul des notes obtenues pendant l'année scolaire.
La ministre Courchesne se défend bien de revenir en arrière. «Ce n'est pas un désaveu de la réforme, je ne suis pas en train de vous dire qu'on revient aux cours magistraux. Il y a des aspects du renouveau pédagogique qui m'apparaissent importants. Mais il faut faire ces changements. Ce que je constate, c'est que les résultats en termes d'acquisition des connaissances ne sont pas tous au rendez-vous.»














