Le ministère de l'Éducation a déposé mercredi un projet de règlement visant à modifier le calendrier scolaire. Dès l'automne, les changements proposés permettraient la tenue d'activités éducatives la fin de semaine puisque l'année scolaire serait désormais calculée en nombre d'heures plutôt qu'en nombre de jours. Le calendrier scolaire compterait entre 900 et 1000 heures de classe. Les dispositions concernant les jours de congés des élèves seraient abolies.
Mais il ne faut pas croire que les élèves seraient forcément en classe le week-end ou le lundi de Pâques, a indiqué vendredi la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, par la voix de son attachée de presse.
«Le calendrier scolaire ne sera pas bouleversé ni changé. Les élèves vont continuer d'aller à l'école du lundi au vendredi et ils vont continuer à recevoir le même nombre d'heures de cours», a affirmé Tamara Davis.
Selon le cabinet de Mme Courchesne, les changements proposés visent d'abord la formation professionnelle et l'éducation aux adultes, afin d'offrir davantage de cours le soir et la fin de semaine à une clientèle qui travaille souvent du lundi au vendredi.
«C'est surtout ce secteur qui est visé», indique Mme Davis. L'une des demandes patronales à la table de négociation avec les enseignants concerne justement la possibilité de modifier les horaires des enseignants en formation professionnelle afin d'offrir des cours en dehors des heures régulières. Le but: permettre à davantage de gens de retourner sur les bancs d'école.
Persévérance scolaire
Ces changements visent par ailleurs à «officialiser» des arrangements à la pièce qui se faisaient déjà dans certaines écoles, ajoute Mme Davis. Dans un programme de sport-études par exemple, des élèves qui participent à un tournoi la semaine peuvent avoir besoin de reprendre un cours ou un examen la fin de semaine, illustre-t-elle.
«Des ententes à l'amiable existaient, sauf que maintenant, ils n'enfreindront plus le régime pédagogique. C'est l'élément de flexibilité qu'on introduit pour faciliter les projets encourageant la persévérance scolaire», ajoute Mme Davis.
Les références aux congés scolaires seront par ailleurs retirées du régime pédagogique puisqu'elles ne sont pas nécessaires, a ajouté l'attachée de presse. Mais rien ne changera en réalité, assure-t-elle.
«On n'a pas besoin de l'écrire dans le régime pédagogique parce que c'est déjà dans les lois du travail et les conventions collectives des enseignants. Ça ne changera rien. Les journées pédagogiques vont continuer d'exister tout comme les congés du 25 décembre et du 1er janvier. On n'abolit rien du tout.»
Surprise
Cette volonté de modifier le calendrier scolaire a été accueillie avec surprise dans le milieu de l'éducation. Les enseignants, les directeurs d'écoles, les commissions scolaires et les parents affirment ne jamais avoir réclamé de tels assouplissements. Personne n'a été consulté, affirme-t-on de part et d'autre.
Au cabinet de Mme Courchesne, on explique que «ces éléments ont ressurgi lors de consultations» menées récemment par la ministre dans plusieurs régions du Québec. «C'est aussi une suggestion qui a été faite par le Conseil supérieur de l'éducation il y a quelques années», ajoute Mme Davis, qui ne pouvait toutefois identifier vendredi de quel rapport il s'agit.
L'attachée de presse rappelle par ailleurs que ce projet de règlement peut encore être modifié. «Il ne faut pas oublier qu'il y a une consultation qui est en place présentement», dit-elle.
Les groupes intéressés ont 45 jours pour se faire entendre.











