La ministre de l'Éducation a annoncé son intention d'imposer le même bulletin dans toutes les écoles dès l'automne 2010, une première. Michelle Courchesne entend par ailleurs revoir en profondeur le contenu du bulletin afin d'axer l'évaluation davantage sur les connaissances, jusqu'à maintenant éclipsées par les compétences.
Tous les intervenants contactés hier ont été surpris d'apprendre que la ministre Courchesne voulait imposer un bulletin unique et affirment ne pas avoir été consultés sur la question. Présentement, les bulletins peuvent varier d'une école à l'autre.
Les parents sont probablement ceux qui sont les plus favorables au changement. «On a déjà dit qu'on était pour le bulletin uniforme, à condition qu'on garde une section pour les particularités propres à chaque école. On ne peut pas être contre la volonté de rendre le bulletin plus clair et plus simple», affirme le président de la Fédération des comités de parents, François Paquet.
Même son de cloche de la part des écoles privées. «Oui, on est favorable tant qu'on réserve un espace pour les spécificités locales. Comme directeur d'école secondaire, ça pourrait me faciliter la vie. Il y a tellement de bulletins différents qui arrivent des écoles primaires, ça prend un doctorat pour les comprendre!» lance Jean-Marc Saint-Jacques, président de la Fédération des établissements d'enseignement privés.
De leur côté, les enseignants demeurent prudents, mais voient cette annonce d'un bon oeil. «Ça pourrait être une bonne nouvelle, mais on veut en savoir plus avant de se réjouir», a indiqué Manon Bernard, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement. «Les problèmes qu'on soulève par rapport à l'évaluation ne dépendent pas juste du bulletin. Il faut s'assurer que la politique d'évaluation soit revue au complet et que ce ne soit pas seulement des changements cosmétiques.»
Les réticences sont plus grandes du côté des directeurs d'école. «On trouve ça bien particulier. On revient aux anciennes méthodes d'évaluation d'avant la réforme, on n'est pas contents du tout», affirme Chantal Longpré, présidente de la Fédération des directions d'établissements.
Le président de l'Association du personnel de direction d'école, Yvan Ouellet, est aussi mécontent. «On veut bien faire des modifications, mais est-ce qu'on peut prendre le temps de réfléchir au lieu de se dépêcher à mettre en place d'autres changements? La réalité en Gaspésie et à Montréal, ce n'est pas la même chose. L'évaluation relève des directions d'école, on veut être consulté», dit-il.
À la Fédération des commissions scolaires, on se montre aussi réticent. «De façon générale, c'est sûr qu'on prône l'autonomie des commissions scolaires», affirme la porte-parole Caroline Lemieux. «C'est une question de proximité avec le milieu. Mais on n'a jamais dit qu'il n'y avait pas de place pour des améliorations.»













