Des étudiants dans la peau de diplomates

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Hier, plus de 200 participants ont simulé les travaux de la Troisième Commission de l'ONU, qui traite des questions sociales, humanitaires et culturelles. La réforme de l'aide humanitaire était le sujet du jour.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

 

Frédéric Denoncourt
Le Soleil

(Québec) Comment accroître l'efficacité de l'aide humanitaire à un pays en crise? Doit-on accorder à des régimes corrompus la pleine autonomie dans la gestion des fonds amassés? Des étudiants de 11 universités et collèges québécois représentant 102 États ont débattu ces questions samedi à l'Université Laval.

L'activité se déroulait à l'occasion de la simulation québécoise des Nations unies, une rencontre préparatoire au grand rendez-vous annuel qui se tient chaque printemps au siège de l'ONU, à New York. Le but de l'exercice est de se familiariser avec les rouages souvent complexes des Nations unies et de développer ses talents de négociateur en proposant des résolutions au sujet d'enjeux tels le maintien de la paix, les droits humains et le développement économique et social.

Au Québec comme à New York, où se retrouvent tous les ans des étudiants de 270 universités du monde, la règle d'or est de se mettre dans la peau du diplomate du pays que l'on représente. Pas question, donc, si l'on représente Cuba, par exemple, d'aligner bêtement ses positions sur celles des États-Unis. Ce ne serait pas crédible. «On doit respecter la culture des diplomates des pays représentés et comprendre comment ils agiraient dans la réalité dans tel dossier. L'an passé on avait représenté la Chine, un pays vraiment à l'opposé de notre façon de penser!» explique Laurent Plourde, vice-président de l'Association pour la simulation des Nations unies de l'Université Laval.

Réformer l'aide humanitaire

Hier, plus de 200 participants ont simulé les travaux de la Troisième Commission de l'ONU, qui traite des questions sociales, humanitaires et culturelles. La réforme de l'aide humanitaire était le sujet du jour. Les vives critiques concernant l'organisation des secours d'urgence au lendemain du tremblement de terre du 12 janvier en Haïti ont rendu le thème brûlant d'actualité. «Tous les pays avaient préparé un dossier à partir d'un document dressant un état de situation sur le sujet. Ils devaient proposer des idées pour rendre l'aide humanitaire plus efficace», ajoute Laurent Plourde.

La journée n'a pas donné lieu à des débats houleux, le sujet ne s'y prêtait pas. La grande majorité des pays représentés ont voté pour que l'organisation des secours d'urgence soit remise dans les mains du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU afin d'en améliorer l'efficacité.

Arianne Bisaillon sera de la délégation de 26 personnes de l'Université Laval qui se rendra à New York le 31 mars pour représenter l'Inde. Elle se dit prête à adopter le point de vue indien. «C'est intéressant, car c'est un pays émergent. Mais notre position ne sera pas nécessairement toujours facile à défendre. Par exemple, en matière d'aide aux réfugiés, l'Inde n'a pas signé beaucoup de résolution. On devra donc développer nos aptitudes à la négociation et à la persuasion!»

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