La direction a annulé le tournage du lipdub, qui devait avoir lieu lundi midi, parce que la direction et les enseignants n'étaient pas au courant de l'activité qui avait pour but de dénoncer la réforme scolaire.
Si la direction l'éloigne de l'école, Anthony Leclerc n'a pas l'intention de demeurer silencieux. «Je ne me tairai pas, affirmait-il en entrevue lundi soir. J'ai passé une partie de la journée dans le bureau de la direction, mais je ne me tairai pas. On a le droit à la liberté d'expression.»
Lundi midi, la direction attendait les élèves avec la police, raconte Anthony qui voit dans toutes ces mesures une intervention du ministère de l'Éducation pour empêcher les étudiants de dire ce qu'ils pensent. Alors, au lieu de tourner leur clip à la polyvalente, le groupe d'environ 70 jeunes a décidé de se faire entendre en manifestant dans la rue Notre-Dame.
Plusieurs des manifestants devront subir les conséquences de leur participation à la manifestation, poursuit Anthony. Ils devront se tenir tranquilles pendant les prochaines semaines s'ils ne veulent pas être suspendus.
«La directrice m'a dit qu'elle annulait notre projet parce que je n'ai pas demandé la permission, ajoute-t-il. Je ne l'ai pas fait parce qu'on ne nous aurait jamais accordé la permission de faire le tournage. J'ai même vu les gens du syndicat des professeurs dans les bureaux de la direction. C'est certain que notre projet dérangeait. Si on avait fait le lipdub, je suis certain que la moitié des 200 jeunes qui devaient participer auraient été suspendus.»
Le porte-parole de l'école secondaire a déclaré en matinée que l'élève à l'origine du tournage du lipdub avait été rencontré et que, contrairement à ce qu'il avait indiqué dans les médias lundi matin, ni les enseignants ni la direction n'ont donné leur accord au projet.
Toutefois, le lipdub pourrait être tourné ailleurs que dans la polyvalente.











