Après s'être farouchement opposée à toute hausse des droits de scolarité, l'ex-leader étudiante Julie Bouchard a joint sa voix mardi aux 15 autres signataires d'un «pacte» réclamant un meilleur financement des universités grâce à une augmentation considérable de la facture étudiante. Mme Bouchard a été présidente de la Fédération étudiante collégiale (FECQ) au moment de la grève étudiante en 2005 et ensuite présidente de la Fédération des associations étudiantes du campus de l'Université de Montréal (FAECUM).
«Ce qui est fondamental, c'est de permettre à un étudiant de poursuivre ses études même s'il n'en a pas les moyens. Le pacte propose de verser 170 millions $ supplémentaires uniquement en bourses pour les étudiants défavorisés. Avec un système de remboursement proportionnel au revenu, on permet à tous les étudiants de poursuivre leurs études universitaires et on évite que la dette ne soit trop lourde à porter. Les universités sont sous-financées, c'est stratégique d'investir en éducation au Québec», explique-t-elle.
Pourtant, en 2007, Julie Bouchard dénonçait plutôt le dégel des droits de scolarité alors envisagé par le gouvernement Charest. «Ça ne va vraiment pas dans l'intérêt des étudiants», avait-elle affirmé à La Presse.
Les signataires du pacte proposent de hausser les droits de scolarité en fonction du domaine d'études, ce qui permettrait d'amasser 565 millions $ supplémentaires, dont 170 millions seraient réinjectés dans le programme d'aide financière. Trois autres signataires - Youri Chassin, Hugo Jolette et Patrick Lebel - ont aussi été impliqués dans le mouvement étudiant.
Les associations étudiantes ont d'ailleurs été nombreuses à dénoncer mardi les mesures proposées dans ce pacte. À la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), on estime qu'il faut d'abord améliorer la gestion de l'appareil universitaire.
«Le sous-financement de nos universités est un problème, mais avant de puiser davantage dans les poches des étudiants et de risquer de mettre en péril l'avenir du Québec en réduisant l'accessibilité aux études, il faut faire le ménage dans la gestion des universités», a déclaré son président, Jean Grégoire.
À la CADEUL, l'association qui représente les étudiants de premier cycle de l'Université Laval, on propose plutôt d'exiger des entreprises qu'elles consacrent 1 % de leur masse salariale à un fonds dédié au financement de l'éducation postsecondaire puisqu'elles sont les premières à en bénéficier.














