Courchesne accusée de gaspiller les fonds publics

La ministre de l'Éducation Michelle Courchesne... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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La ministre de l'Éducation Michelle Courchesne

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil

(Québec) En transférant à l'entreprise privée la correction des épreu­ves de français des élèves de cinquième secondaire, l'État pourrait perdre jusqu'à 1 million $ par année, soutient le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec. L'organisation qui représente les correcteurs demande donc à Québec d'abandonner le projet.

Au début de l'année, le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) a lancé un appel d'offres. Pour un budget oscillant entre 4,5 millions $ et 5 millions $, un sous-traitant doit garantir pendant trois ans qu'il peut fournir 150 travailleurs à temps partiel pour corriger l'examen de français essentiel à l'obtention du diplôme de cinquième secondaire.

Québec écrit clairement dans son appel d'offres que la décision est motivée par l'idéologie : «L'orientation gouvernementale de la réduction de la fonction publique incite les autorités ministérielles à revoir les pratiques établies afin de diminuer le nombre [d'employés] à temps plein en exercice.»

Le MELS ne veut plus gérer la liste d'embauche. Aussi entend-il confier au secteur privé les emplois et payer l'entreprise qui sera sélectionnée pour recruter les correcteurs. Ceux-ci continueront néanmoins de bosser dans les locaux du ministère, sous la supervision d'employés de l'État, en utilisant les outils conçus par les fonctionnaires.

«C'est un véritable scandale!» s'exclame le président du SPGQ, Gilles Dussault. «Le gouvernement crie sur toutes les tribunes que les finances publiques souffrent. Mais quand il s'agit de graisser le secteur privé, il n'a pas l'air de manquer d'argent. [...] Il est prêt à donner 5 millions $ au privé.»

Pourtant, attaque-t-il, la formule actuelle revient à plus ou moins 3,9 millions $ aux contribuables. Bien moins que les évaluations du MELS. Il espère donc que la ministre de l'Éducation reculera afin de s'entendre avec ses employés.

«Perte d'expertise»

Dans l'ensemble du gouvernement, on serait témoin de la même «perte d'expertise», selon M. Dussault. «On assiste de plus en plus au délestage des responsabilités gouvernementales envers le privé.» Les services coûteraient alors plus cher puisque les entrepreneurs prélèvent un profit.

Hier, l'attachée de presse de la ministre Michelle Courchesne a indiqué que Québec garde le cap. Le MELS prévoit «se tourner vers l'extérieur» pour la correction de quelque 65 000 examens par «souci d'efficacité», dit Tamara Davis.

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