L'UQ vient de lancer un appel d'offres auprès de firmes d'architectes afin de mener d'ici juin une importante étude de faisabilité. On apprend dans le document de 59 pages que l'institution souhaite déménager son siège social au-dessus du stationnement voisin de Place Charest, dont elle est propriétaire. Aux cinq étages dédiés aux voitures, l'établissement prévoit ainsi en ajouter deux pour des bureaux afin de loger sa centaine d'employés.
Comme l'écrivait Le Soleil en novembre, l'Université souhaite de plus attirer à ses côtés les conservatoires de musique et d'art dramatique dans son imposant projet. Ceux-ci seraient logés dans un tout nouveau pavillon construit sur le terrain où se trouve présentement le cinéma Cineplex. «L'utilisation du bois dans la structure de charpente et comme matériaux de finition sera favorisée», apprend-on dans la demande. «Le nouveau pavillon devra obligatoirement être certifié LEED argent» et devra donc intégrer «plusieurs concepts écoénergétiques».
La demande ne spécifie pas combien d'étages ce nouveau bâtiment devra compter, mais précise qu'il devra offrir une superficie totale de 9500 mètres carrés, soit l'équivalent de deux terrains de football. Si l'on compare avec les deux étages à construire au-dessus du stationnement voisin, on peut évaluer de six à neuf étages la hauteur du pavillon.
La firme d'architectes devra également étudier la possibilité de creuser sous le nouveau bâtiment un stationnement de 150 places. Sa réalisation semble toutefois être intimement liée à son coût, l'UQ ayant demandé l'élaboration de deux scénarios, le second ne prévoyant pas d'espace additionnel pour garer des voitures.
D'une pierre quatre coups
Dans la grille des besoins précis, la demande stipule que le pavillon devra compter autant une salle de concert de 200 places qu'un théâtre de 200 places. Les locaux d'enseignement occuperont environ la moitié du bâtiment et une trentaine de studios de pratique seront offerts aux musiciens. Et pavillon universitaire oblige, une bibliothèque devra également être aménagée.
L'UQ, qui a présentement son siège social en bordure du parc Saint-Roch - à un jet de pierre de Place Charest -, explique son projet par les problèmes de manque d'espace maintes fois exprimés par ses voisines, l'École nationale d'administration publique et la Télé-Université. «Ces deux établissements ont besoin d'espace et il est plus facile de relocaliser l'Université du Québec pour permettre leur expansion», peut-on lire.
Quant aux conservatoires, Le Soleil révélait en novembre dernier que ceux-ci caressaient un projet pour s'unir sous un même toit. Dans sa demande, l'UQ précise que celui de musique souffre également d'un «manque chronique d'espace». On note «l'absence de salle de répétition pour les grands ensembles instrumentaux, l'exiguïté des studios de cours théoriques, des studios de musique de chambre et de la bibliothèque, l'absence d'un ascenseur-monte-charge qui relierait chacun des étages et l'absence d'une salle de concert».
Le Conservatoire d'art dramatique se trouve quant à lui dispersé en quatre bâtiments, ce qui n'est pas sans causer «d'importants problèmes d'organisation et de communication».
Le Conservatoire de musique étant logé dans un sous-sol et celui d'art dramatique, dans quatre lieux différents, les deux souffriraient de leur anonymat par rapport au public, précise l'UQ.
Outre un déménagement dans Saint-Roch, ceux-ci envisagent également l'érection d'une tour à côté du Grand Théâtre. Jointe mardi après-midi, l'attachée de presse de la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, a d'ailleurs tenu à préciser que le choix final du lieu pour accueillir le futur Conservatoire de Québec n'est pas arrêté.
«On n'est pas encore rendu à prendre une décision sur l'emplacement. Le choix du lieu est encore à l'étude», a indiqué Valérie Rodrigue. Rappelons toutefois que ce ministère avait retenu la formule d'un Conservatoire dans des locaux de l'UQ pour reloger l'institution à Montréal. Leur nouveau pavillon construit au coût de 46,5 millions $ a d'ailleurs été inauguré en septembre dernier.
























