Aucune des soumissions reçues à la suite de l'appel d'offres de janvier n'était conforme, a indiqué son cabinet au Soleil lundi.
«Sur les deux soumissions reçues, une n'était pas conforme en termes de qualité et l'autre, de par sa forme. Alors pour l'instant, on reste avec les mêmes pratiques», a déclaré le porte-parole du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), Patrick Septembre.
Toutefois, il n'a pu confirmer si le gouvernement comptait renouveler l'appel d'offres ou si cette mesure était plutôt permanente.
C'est le Syndicat des professionnelles et des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) qui a annoncé lundi ce revirement dans un communiqué. Vendredi, vers 16h, le président Gilles Dussault a reçu un appel de Christiane Barbe, sous-ministre au MELS, l'informant de la décision de la ministre.
«C'est quand même une très bonne décision pour les finances et les services publics, mais aussi pour les quelque 150 correcteurs. La correction des épreuves, c'est une mission de l'État. Ça ne doit pas être transformé en activité commerciale», a-t-il déclaré.
La semaine dernière, M. Dussault avait accusé Mme Courchesne de gaspiller des fonds publics. La ministre avait l'intention de privatiser d'ici le 21 juin la correction des 66 000 examens de français administrés annuellement aux élèves de cinquième secondaire. Le recrutement d'occasionnels dans un court laps de temps et la correction devenaient trop lourds administrativement.
Le 21 janvier, le MELS avait donc lancé un appel d'offres, chiffrant 5 millions $ le montant maximal pouvant être alloué à la réalisation de ce mandat. Or, la correction des examens coûte actuellement 3,9 millions $ sur trois ans au sein de la fonction publique, soit un million de dollars de moins qu'au privé.
«Pas d'économies à faire»
«Après évaluation des soumissions, on constate qu'il n'y aurait pas d'économies à faire», a souligné M. Septembre. D'ici la fin de la semaine, M. Dussault devrait rencontrer Mme Barbe. «Ils discuteront de l'état de la situation», a déclaré M. Septembre sans dévoiler l'ordre du jour.
Réjoui, M. Dussault s'est quand même dit «surpris» de la situation puisque la ministre avait réaffirmé la semaine dernière qu'elle ne reviendrait pas sur sa décision. Dans une lettre du 10 février, le syndicat avait aussi proposé divers compromis que la ministre Courchesne avait refusés.
Le président continue de déplorer la dérive d'un gouvernement déterminé à sabrer le nombre de fonctionnaires.
«Non seulement le recours à la sous-traitance est prohibitif parce qu'elle coûte trop cher, mais on perd aussi toute notre expertise parce qu'on ne la remplace pas en engageant à l'externe», a plaidé le président du SPGQ.













