Une double rémunération justifiée par une double tâche, soutient Jacques Marchand

Jacques Marchand tient à préciser qu'à ses débuts,... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Jacques Marchand tient à préciser qu'à ses débuts, la commission devait terminer ses travaux en mars 2007. L'ingénieur avait alors évalué que son mandat se terminerait au début janvier, plutôt qu'à la fin août, explique-t-il : «C'est dans ce contexte-là que j'ai accepté de travailler pour la commission. Par la suite, il y a eu des délais additionnels.»

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Le professeur Jacques Marchand affirme que sa participation à la commission Johnson ne l'a pas empêché d'accomplir ses tâches universitaires et que l'expertise qu'il en a retirée a été bénéfique pour l'Université Laval. Sa double rémunération était justifiée par les doubles tâches qu'il a accomplies pendant quelques mois, dit-il.

En entrevue au Soleil mercredi, Jacques Marchand a d'abord tenu à préciser qu'on «était venu le chercher» pour travailler à la commission Johnson et qu'il avait eu la «permission de son employeur» pour réaliser ce mandat sans réduire ses tâches universitaires.

Sur recommandation de la directrice du département de génie civil, Jacques Marchand a discuté de son mandat à la commission Johnson avec le recteur de l'époque, Michel Pigeon, a-t-il raconté mercredi. Aujourd'hui député libéral de Charlesbourg, M. Pigeon a cofondé l'entreprise Service d'expertise en matériaux (SEM) avec Jacques Marchand en 1989, mais il s'est retiré de l'entreprise au milieu des années 90.

M. Pigeon lui a alors indiqué qu'il ne voyait pas de problème avec ce mandat externe, en autant qu'on ne le dégage pas de ses responsabilités universitaires, a expliqué M. Marchand. Ce dernier devait alors assurer le renouvellement du financement du centre de recherche qu'il dirige, le CRIB (Centre de recherche sur les infrastructures en béton).

Cette version a été corroborée par le député Michel Pigeon, que nous avions rencontré l'an passé à ce sujet. Joint la semaine dernière, M. Pigeon a refusé d'en discuter à nouveau avec Le Soleil. «M. Pigeon ne veut pas répondre à ça. À l'époque, ça revenait au directeur du département de surveiller les heures de M. Marchand, pas au recteur», a indiqué son attachée de presse, Anne-Marie Mongrain.

De son côté, Jacques Marchand tient à préciser qu'à ses débuts, la commission devait terminer ses travaux en mars 2007. L'ingénieur avait alors évalué que son mandat se terminerait au début janvier, plutôt qu'à la fin août, explique-t-il : «C'est dans ce contexte-là que j'ai accepté de travailler pour la commission. Par la suite, il y a eu des délais additionnels.»

M. Marchand ne va pas jusqu'à dire que le mandat effectué pour la commission Johnson n'a eu aucun effet sur son travail universitaire. «C'est sûr que quand on consacre énormément de temps ponctuellement, on est moins disponible pour faire autre chose. Mais globalement, mon travail à la commission a eu un impact très bénéfique à moyen et à long terme sur mes activités universitaires», affirme-t-il, mentionnant au passage qu'il a récolté une subvention accrue pour son centre de recherche et par la suite, un financement de 18 millions $ pour un nouveau laboratoire au département de génie civil.

Jacques Marchand rappelle que 13 professeurs du département de génie civil ont publiquement affirmé que ses activités professionnelles externes ne l'ont jamais empêché de contribuer au développement du département. 

Dans les locaux scolaires

Des essais et des expertises techniques effectués par SEM pour la commission Johnson ont aussi été réalisés dans les locaux de l'Université Laval, en vertu de l'entente alors en vigueur avec l'entreprise. Questionné à savoir pourquoi les expertises techniques qu'il a dirigées ont été réalisées par son entreprise plutôt que par l'intermédiaire de l'Université, M. Marchand avait affirmé que l'administration du recteur Pigeon avait préféré ne pas s'en mêler.

«M. Pigeon m'a dit qu'il voyait mal comment l'Université pourrait être impliquée à titre corporatif dans une commission d'enquête. Il préférerait que ce soit une activité externe», a-t-il expliqué.

M. Marchand a souligné que l'autre ingénieur qui agissait à titre d'expert principal pour la commission Johnson, Denis Mitchell, n'avait pas non plus été rémunéré par l'entremise de l'Université McGill, mais plutôt par l'intermédiaire de SEM, à titre de sous-traitant.

L'Université McGill a toutefois récolté une somme de 57 000 $ pour des essais réalisés dans ses laboratoires, selon les documents obtenus par Le Soleil. Une réalité qui s'explique par le caractère spécifique des équipements de l'Université McGill, réplique M. Marchand. 

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