Une nouvelle école pour les décrocheurs à Lévis

Sans «l'école du milieu», David Allard ne sait... (Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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Sans «l'école du milieu», David Allard ne sait pas ce qu'il aurait fait. 

Le Soleil, Laetitia Deconinck

Pierre Pelchat
Le Soleil

(Québec) David Allard, 22 ans, de Lévis, est un des 15 jeunes «raccrocheurs» de 16 à 25 ans qui ont accepté volontairement de retourner sur les bancs d'une classe pas ordinaire, une classe pour ceux et celles qui trouvaient qu'un retour par l'éducation aux adultes était une marche trop haute pour reprendre les études.

Cette classe qu'on appelle «l'école du milieu» a débuté en novembre dernier dans le sous-sol du Patro de Lévis avec le concours des carrefours jeunesse-emploi, de la commission scolaire et d'Emploi-Québec. Quatre mois plus tard, les 15 sont toujours aussi assidus.

«L'éducation des adultes, c'est trop vite. Avec l'école du milieu, c'est super. C'est un beau projet. Si je n'avais pas fait ça, je ne sais pas ce que j'aurais fait», a-t-il raconté, hier, au cours d'une conférence de presse. David a quitté l'école à l'âge de 15 ou 16 ans. Comme bien des jeunes, il n'avait aucune motivation à poursuivre ses études. Il a été influencé par d'autres. Il a décroché. Il a tenté de retourner à l'école. Il a vite «redécroché» et a commencé à «consommer».

Par la suite, il a fait différents boulots, dont celui de peintre. Après deux ans, il s'est rendu compte que le peintre avec qui il travaillait gagnait le double de son salaire parce qu'il avait une formation. Il a fait une «dérape», comme il a dit. Il a tout perdu et s'est retrouvé à l'aide sociale sans trop savoir ce qu'il allait faire. C'est à ce moment qu'on l'a intéressé au projet d'une école pour raccrocheurs.

«On est très bien encadrés. On a commencé à faire des travaux scolaires. Ça a été moins bien que je pensais au début, mais on est plus motivés. Il y a aussi un projet de voyage», a affirmé celui qui a été choisi pour être le porte-parole du groupe. En mai, les raccrocheurs se rendront dans la communauté autochtone de Mashteuiatsh au Lac-Saint-Jean à l'occasion d'un échange. Ils agiront comme bénévoles auprès d'organismes communautaires. Ce sera une occasion pour eux d'en apprendre davantage sur la culture autochtone.

Aujourd'hui, David Allard a finalement un but dans la vie - comme on dit. Il veut terminer sa formation pour devenir réparateur et installateur en télécommunications. Les autres raccrocheurs ont aussi un objectif qui les motive, que ce soit de devenir éducatrice spécialisée, mécanicienne, intervenant social ou paysagiste en béton.

À l'école du milieu, on ne donne que des cours de français et de mathématiques. Durant les 20 premières semaines, l'enseignement est limité à 18 heures hebdomadaires. Le rythme est plus élevé durant les 25 semaines suivantes avec 25 heures de cours sur une base hebdomadaire d'ici la fin de juin. Le groupe devrait être fin prêt pour entreprendre des cours à l'éducation des adultes en septembre.

On accorde aussi une grande attention à la situation personnelle de chaque élève afin de remédier aux problèmes de «consommation», de dépendance affective, de gestion du budget. Pour compléter le financement du projet-pilote, les jeunes organisent une collecte de fonds qui aura lieu les 25 et 26 mars dans les locaux d'Écolivres, situés rue Charles-Cadieux, à Lévis. L'objectif est d'amasser 37 000 $. En tout, le projet-pilote coûte près de 100 000 $.

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