Dans un entretien à La Presse Canadienne, en marge d'un colloque du parti sur la création de richesse, cette fin de semaine, il a plaidé pour une école laïque, qu'elle soit publique ou privée.
«L'école devrait être essentiellement un lieu de connaissances ou de compétences. La religion, si elle est présente, devrait être à l'extérieur, très clairement à l'extérieur du corpus d'enseignement, donc du régime pédagogique. Cela est ma première certitude», a-t-il commenté.
À l'heure actuelle, le ministère de l'Éducation finance près de 300 écoles primaires et secondaires privées, qui accueillent quelque 125 000 jeunes. La plupart sont confessionnelles.
La majeure partie (60%) de leur financement est assumée par l'État, qui leur verse au total environ un demi milliard$ annuellement.
Or, «est-ce que l'État a à intervenir là? Je ne le crois pas», a ajouté le député de Borduas, qui dit «plaider fermement pour la laïcité de l'État».
De son côté, le réseau scolaire public a été déconfessionnalisé il y a déjà une quinzaine d'années, sous un gouvernement du Parti québécois. De plus, l'enseignement de la religion ne fait plus partie du programme pédagogique du secteur public.
Poursuivre sur sa lancée
M. Curzi juge que Québec devrait poursuivre sur sa lancée et appliquer aux écoles primaires et secondaires privées subventionnées le même traitement qu'aux services de garde.
La semaine dernière, le ministre de la Famille, Tony Tomassi, annonçait que désormais la religion ne pourrait plus faire partie du programme éducatif des services de garde subventionnés.
Ceux qui ne se conformeront pas à cette directive s'exposent à perdre leur financement public.
«Je ne crois pas que l'école doit être le lieu d'un enseignement religieux», a-t-il ajouté, en faisant de ce principe une question de cohérence quant à l'affirmation du caractère laïque du Québec et de ses institutions publiques.
Ce type d'apprentissage devrait donc être réservé à la sphère de la vie privée, a-t-il plaidé, et non en milieu scolaire: «Dans le fond, la logique est juste là.»
On peut donc sans problème, selon lui, tout à fait appliquer ce principe de laïcité au réseau scolaire privé, «tout en respectant le droit de gens ou des communautés à pratiquer leur religion», reconnu dans les Chartes.
Interrogée elle aussi à savoir si elle favorisait l'exclusion de la religion des écoles primaires et secondaires privées subventionnées, la députée de Rosemont, Louise Beaudoin, a été plus nuancée que son collègue.
Celle qui défend le dossier de la laïcité au sein de l'opposition officielle (et prépare la rédaction d'une charte de la laïcité) est d'avis que le Québec serait mûr pour un débat plus large sur «toute la question de l'éducation».
Elle a dit ne pas avoir de position précise sur le sujet.
Le leader en Chambre de l'opposition officielle, Stéphane Bédard, s'est dit lui aussi favorable à la tenue d'un débat sur cette question.
«Le débat est intéressant et il faut le continuer», selon lui.











