Travailleurs étudiants: plus de formation, moins d'accidents, plaide la CSST

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Josée Guimond
Le Soleil

(Québec) Ça sent le printemps, presque l'été, et déjà, plusieurs étudiants sont à remettre à jour leur CV pour les emplois d'été, qu'on magasine souvent très tôt. Histoire de leur donner à réfléchir durant leur période de recherche d'emploi, la CSST relance ses publicités-chocs sur les jeunes et la sécurité au travail. Parce que ce n'est pas que sur les bancs d'école qu'on peut recevoir de la formation.

Au Québec, 550 000 emplois sont occupés par des jeunes de 24 ans ou moins, ce qui ne représente pas autant de travailleurs puisque certains jeunes peuvent avoir plus d'un emploi à la fois. Ils travaillent pour la plupart dans le commerce, l'hôtellerie ou la restauration. Ces jeunes ont aussi 1,3 fois plus de risque que les autres travailleurs d'être victimes d'un accident au travail. Mais la formation en entreprise n'est pas une obligation légale pour les employeurs même si, bien souvent, plus de formation rime pourtant avec moins d'accidents. Reste la prévention.

«Même si la tendance est à la baisse depuis quelques années, comme chez les adultes, reste qu'il y a environ 17 000 accidents de travail chez les jeunes travailleurs, chaque année, au Québec. C'est quand même énorme», explique Pierre Turgeon, directeur des communications à la CSST. Trois fois sur quatre, ce sont des garçons qui seront victimes de ces accidents, plus ou moins graves, car ils occupent plus d'emplois à risque que les filles. La CSST intervient déjà auprès des employeurs mais veut maximiser ses résultats en sensibilisant directement les jeunes.

Mal à l'aise de l'exiger

Le problème avec la formation au travail, en plus de ne pas être légalement obligatoire, c'est que les jeunes sont souvent mal à l'aise de l'exiger. «Ce qu'on constate, c'est que plusieurs employeurs attendent de voir si un jeune fera l'affaire avant de le former. Mais c'est justement durant cette période, où le jeune travaille sans formation, qu'il a le plus de risque de faire des erreurs et de se blesser», déplore M. Turgeon. Le voeu pieux de la CSST, c'est que lorsqu'un jeune entre au travail, de la formation lui soit donnée dès le premier jour. Et si ce n'est pas le cas, que le jeune demande à être formé.

Mais, c'est compréhensible, le jeune nouveau n'osera pas avoir l'air de se plaindre en arrivant et voudra montrer qu'il est capable de faire le travail demandé, d'où les risques plus élevés d'accidents de toutes sortes, selon M. Turgeon. Disons que c'est le temps de piler sur son orgueil. Les campagnes de prévention sur la formation au travail semblent quand même avoir un certain succès, d'où l'idée de récidiver. L'an passé, la CSST a mesuré l'impact de sa campagne et a constaté que la proportion de jeunes formés au travail est passée de 40 % à 60 % en un an. Les publicités télévisées se poursuivent jusqu'au 11 avril, jumelées à une campagne d'affichage dans les cégeps et les universités.

 

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