Même si les écoles ont déjà eu droit à une année supplémentaire pour mettre en place ce nouveau cours, la ministre Courchesne a jugé qu'il valait mieux prolonger la période d'expérimentation. Présentement, les écoles peuvent l'enseigner sous forme de projet-pilote, mais elles ne sont pas obligées de le faire.
«Ce prolongement permettra d'évaluer la première véritable année d'expérimentation de ce programme et d'y apporter, s'il y a lieu, les ajustements requis, voire de le proposer aux élèves sur une base optionnelle», écrit la ministre Courchesne dans une lettre envoyée aux commissions scolaires, dont Le Soleil a obtenu copie.
L'objectif de ce nouveau cours, qui devait à l'origine s'adresser à tous les élèves de cinquième secondaire, est de faire la synthèse de leurs apprentissages à travers un projet individuel centré sur leurs champs d'intérêt : production d'un journal, réalisation d'un site Internet, action communautaire, etc. Une cinquantaine d'heures devaient y être consacrées annuellement, soit l'équivalent d'un peu plus d'une heure par semaine.
Au cabinet de la ministre Courchesne, on précise que la décision répond à une demande de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE). «On a été à l'écoute des enseignants et on a voulu leur donner plus de temps», affirme l'attachée de presse Tamara Davis.
Les enseignants satisfaits
Du côté de la FSE, on se réjouit de cette décision. «C'est une très bonne nouvelle. Les écoles n'étaient pas prêtes, on n'avait pas de matériel. On pense d'ailleurs que ce cours devrait être optionnel parce que ce ne sont pas tous les étudiants qui ont la maturité requise pour suivre ce cours-là», explique Josée Scalabrini, vice-présidente de la FSE. Le cours Projet intégrateur prévoit donner beaucoup de marge de manoeuvre aux élèves, qui doivent fixer eux-mêmes les objectifs à atteindre dans le cadre de leur projet.
La réaction est beaucoup plus mitigée dans les rangs des directeurs d'école, qui craignent que ce cours - qui cadrait tout à fait avec les principes de la réforme - ne voie jamais le jour. Les nouveaux bulletins annoncés par la ministre Courchesne, qui évacueront l'évaluation des compétences, pourraient signer l'arrêt de mort de ce cours, prévient la Fédération québécoise des directions d'établissement. «Est-ce encore pertinent de maintenir le cours Projet intégrateur quand on va uniquement évaluer les connaissances dans le nouveau bulletin? Je pose la question», lance sa présidente, Chantal Longpré.
Mme Longpré considère qu'il s'agit d'un «recul», rappelant que ce cours devait servir à «transférer des connaissances dans différentes situations de la vie courante» afin de faire des élèves «de meilleurs citoyens».
De son côté, la Fédération des commissions scolaires affirme que les écoles étaient prêtes à donner le cours, mais refuse de commenter davantage la décision avant d'en savoir plus sur les motifs qui ont poussé la ministre Courchesne à prolonger ce report.












